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Noëlle Hausman, sœur du Saint cœur de Marie, professeur de théologie à l’IET (Faculté jésuite de Bruxelles) et directrice de la revue Vies consacrées nous offre, avec l' ouvrage Thérèse de Lisieux, docteur de l'Eglise (ed.DDB, 2007), une brillante analyse des écrits thérésiens: les trois manuscrits et leurs circonstances d'écriture, les lettres de Thérèse aux siens et à ses "frères" prêtres, ses écrits dramatiques (Les Récréations pieuses), Les Poésies. L'auteur met ensuite en lumière le nombre impressionnant de citations scripturaires dans les écrits de Thérèse, qui témoigne d'une profonde connaissance de la Bible. Le "dit" thérésien, dont l'autorité est fondée sur cette omniprésence du grand livre chrétien, amplifie la tradition par une appropriation inspirée, oscillant entre explication et interprétation.

Noëlle Hausman présente ensuite le déroulement et les témoins des procès de béatification et de canonisation de la "petite Thérèse", du procès informatif ordinaire (3 août 1910 au 12 décembre 1911) au procès apostolique (17 mars 1915-30 octobre 1917).

Enfin, l'analyse du nom de Thérèse de l'Enfant Jésus  de la Sainte Face témoigne de la dévotion particulière de Thérèse pour le mouvement d'incarnation du Christ, qui lui fait adopter la voie d'enfance et de silence. Thérèse développe une symbolique de la petitesse et d'aimantation spatiale qui permet la rencontre, ascensionnelle d'abord (images de l'ascenseur, du levier, etc.) puis d'approfondissement, d'enfouissement . Ainsi, la dévotion thérésienne au visage du Christ provoque chez elle un saisissement contemplatif, mais également une volonté de consoler Jésus par une réciprocité d'amour, autant qu' une imitation de l'effacement de soi du Christ. Dans le visage du Christ, Thérèse perçoit combien la conjonction existentielle de la souffrance et de l'amour est une rédemption participée. Ainsi, le visage souffrant de Jésus est véritablement  un lieu théologique.

Le doctorat de Thérèse, proclamé par le pape Jean-Paul II le 19 octobre 1997, met à jour la façon dont Thérèse révèle comme à neuf l’Esprit d’Amour, le Fils qui s’abaisse en son éternelle enfance, et par eux, le Père qui se livre. Cette nouvelle voie thérésienne ne demande qu'à être approfondie.