3 tract we theresien pour internet page0

 

 

Les sœurs carmélites et les frères carmes de Lisieux vous proposent un cycle de 3 week-end autour du thème : :

« Thérèse, docteur de l’Église, un guide sûr. »

Ces 3 week-end se dérouleront : les 10-11/décembre 2016 ; les 11 et 12 mars 2017 ; les 10 et 11 juin 2017.

La rencontre des 10 et 11 juin  2017 s'intitule: "la Trinité nous regarde" avec nos saintes Elisabeth et Thérèse

Vous trouverez ci-joint le bulletin d'inscription, à renvoyer dès que possible

Compte-rendu du second week-end de formation  sur la petite voie

                              (par Anne-Christine, de la Fraternité Sainte Thérèse, Vannes)

Après la présentation du programme de l’après-midi, nous (une soixantaine de participants) sommes introduits dans la pédagogie de Thérèse à partir de lettres à ses "frères" prêtres, le séminariste Maurice Bellière et le Père Adolphe Roulland, futurs missionnaires.

Puis Thérèse vient au milieu de nous porter le temps de l’oraison silencieuse et son cœur murmure dans les nôtres : « Qu’elle est donc grande la puissance de la Prière ! Une reine... pouvant obtenir tout ce qu’elle demande... Je fais comme les enfants qui ne savent pas lire, je dis tout simplement au Bon Dieu ce que je veux lui dire, sans faire de belles phrases, et toujours Il me comprend... Pour moi la prière, c’est un simple regard jeté vers le Ciel, c’est un cri de reconnaissance et d’amour au sein de l’épreuve comme au sein de la joie ; c’est quelque chose de grand, de surnaturel qui me dilate l’âme et m’unit à Jésus. »

Après le dîner, notre veillée est éclairée par l’évangile de la Transfiguration, la relation d'échanges entre Thérèse (alors maîtresse des novices) et sœur Marie de la Trinité (alors novice), et quelques psaumes.

Dimanche matin, avant la messe, nous sommes conviés à comprendre la façon dont Thérèse nous forme, avec sa sœur Céline, à partir du Livre de la nature, en utilisant ses éléments (lys, aster, pâquerette, goutte de rosée, pêche...) comme autant d'images pour nous faire comprendre la pédagogie divine et du Livre de la Parole de Dieu.

Le repas de midi est partagé avec les frères carmes, puis quelques sœurs carmélites nous rejoignent pour le café. Après ce temps familial et chaleureux, suit un temps de synthèse avec ses questions et réponses. Nous terminons par un partage en petit groupe autour d’une lettre de Thérèse qui ouvre sa « petite voie » à sa sœur Léonie.

Thérèse nous a invités à sa Table parce qu’elle connaît notre appétit, nos goûts, notre soif de vivre une "Vraie Vie".

À nous maintenant d’assimiler ces miettes de Festin et ces gouttes d’éternité, et de les partager avec d’autres afin de leur mettre l’eau à la bouche... de susciter leur désir de venir goûter les mets servis à la Table de Thérèse...

Merci Thérèse pour ce beau Repas familial et merci aux carmes et carmélites pour cette belle initiative!

B.I. 11 et 12 mars 2017

 

 

Les sœurs carmélites et les frères carmes de Lisieux vous proposent un cycle de 3 week-end autour du thème : :

« Thérèse, docteur de l’Église, un guide sûr. »

Ces 3 week-end se dérouleront : les 10-11/décembre 2016 ; les 11 et 12 mars 2017 ; les 10 et 11 juin 2017.

La rencontre des  11 et 12 mars 2017 s'intitule: "Je vous enseignerai comment naviguer: la pédagogie de Thérèse"

Vous trouverez ci-joint le bulletin d'inscription, à renvoyer dès que possible

we thrsien 10dc2016

Compte-rendu de Sabine

J'ai participé au 1er we qui était organisé par le Carmel (10 et 11 décembre 2016) pour mieux faire connaître la "petite voie" aux tout venants, chrétiens de la ville ou de passage. Nous étions une cinquantaine, de tous âges et de tous bords. Arrivée de Paris très fatiguée, en retard, je n'avais pas l'esprit très disponible le samedi...

Le week end a commencé par une lecture des textes de Thérèse. Dans la nef du carmel, la lecture faite sans commentaires, sur un mode recto tono, de passages extrêmement denses de Histoire d’une âme et autres textes, était pour moi difficile à vivre, franchement... J'étais vraiment déçue.

Mais, ensuite, tout a changé!
Dimanche, deux sœurs carmélites, sous forme d'un exposé très rythmé, ont mis en lumière les difficultés qui nous empêchent d'entrer dans le texte thérésien: notamment, notre tendance à juger ce texte de l’extérieur, dont l'écriture est ancrée dans son époque, infantile, voire mièvre. Elles nous ont montré que derrière cette apparence il y a des pensées qui révèlent combien Thérèse aime, et comment passer par-delà cette première impression. Ce fut une découverte car chacune des sœurs révélait ainsi leur propre relation à Dieu...!

Après la messe, un déjeuner informel au cours duquel nous avons eu des échanges avec les sœurs et les frères carmes, qui se mêlaient à nous librement. Leur état de vie se révélait, leurs humeurs personnelles aussi : une convivialité d’une grande simplicité – on a fait sauter nos verrous.

Après le café, un temps un travail autour d'un poème de Thérèse, par petits groupes de 8 personnes : On est invité à sortir une phrase qui nous touche et nous parle personnellement de Dieu ; nos différences d’état de vie ont apporté une grande richesse : voir et découvrir comment Dieu travaille nos cœurs chacun intimement !!! Cela nous rapproche, on se reconnaît vite, pour arriver à faire place à la parole de l’autre : les personnes reportaient dans leur vie et à leur vie une phrase clé... Un rapporteur désigné a pu transmettre le fruit de nos paroles vives au groupe, après, avec un grand naturel, il y eut un échange très rythmé. Loin de tout débat ou échanges de points de vue.

On peut dire que tous les états de vie se sont croisés: laïques, vies religieuses, célibataires et couples, jeunes et moins jeunes, lexoviens ou non. Nous avons pu échanger nos adresses! J'ai apprécié chez les sœurs et pères, leurs mouvements naturels d’accueil et d’échange, très dépouillés,......

Le week-end s'est terminé par un chant .
J'ai regretté que nous n'ayons pas commencé par l’apprentissage d’un chant de Thérèse - cela aurait donné le ton !

En somme, à part le début, un peu rude, je garde un excellent souvenir de ce temps privilégié, qui m'a permis de mieux entrer dans cette "petite voie".

 we thrsien 2016

Les sœurs carmélites et les frères carmes de Lisieux vous proposent un cycle de 3 week-end autour du thème : :

« Thérèse, docteur de l’Église, un guide sûr. »

 

Ces 3 week-end se dérouleront : les 10-11/décembre 2016 ; les 11 et 12 mars 2017 ; les 10 et 11 juin 2017.

 

les 10 et 11 décembre 2016  seront consacrés à la présentation de la « petite voie », avec pour titre : « Sur les flots de la confiance et de l’amour : la petite voie. »

 

 

pour télécharger votre bulletin d'inscription, cliquez ici 

 

 

 

 

 

 

Pl Lisieux 2016 web 213x300

 

    Découvrez le compte-rendu du 5è pèlerinage du carmel à Lisieux les 1er et 2 octobre derniers,               organisé autour du thème "Entrer dans la louange de la création... Dieu, qui fait miséricorde... a            mis devant mes yeux le livre de la nature". Ce compte-rendu comprend un témoignage de "Sophie", ainsi que le texte de l'homélie du frère Guillaume Dehorter, provincial de Paris et le texte de méditation sur la nature de Frère Didier-Joseph. Vous pouvez le consulter en cliquant  ici:

fm lethel c5cb3

         

La conférence que le  P. François-Marie Léthel, ocd, Professeur de théologie dogmatique et spirituelle à la Faculté Pontificale de Théologie Teresianum,  a donnée sur Thérèse docteur de la  miséricorde, intitulée « L’Offrande à l’Amour Miséricordieux, centre de la vie et de la doctrine de Thérèse de Lisieux » vient d'être  publiée sur le site de Zenit en avril, sous la forme de sept épisodes.  Vous pourrez consulter cette passionnante conférence aux adresses suivantes: 

 1:  l'offrande à l'amour miséricordieux:  https://fr.zenit.org/articles/therese-docteur-de-la-misericorde-infinie-17/

 2: la foi en la miséricorde:  https://fr.zenit.org/articles/therese-docteur-de-la-misericorde-infinie-27/

 3: Pranzini, premier enfant de Thérèse :   https://fr.zenit.org/articles/52041/

 4: l'espérance pour tous  :  https://fr.zenit.org/articles/therese-docteur-de-la-misericorde-infinie-47/

 5: le récit de l’offrande de sainte Thérèse à l’Amour miséricordieux: https://fr.zenit.org/articles/therese-docteur-de-la-misericorde-infinie-57/

6: l'acte d'offrande: https://fr.zenit.org/articles/therese-docteur-de-la-misericorde-infinie-67/

7: Dynamique et déploiement de l'offrande jusqu'à la mort de Thérèse: https://fr.zenit.org/articles/therese-docteur-de-la-misericorde-infinie-77/

Tract festival carmélitain

 Carmes, carmélites et laïcs de l'Ordre du Carmel proposent aux jeunes de 18 à 35 ans souhaitant approfondir la spiritualité carmélitaine un temps fort de rencontre: 
le festival carmélitain, qui aura lieu à Lisieux , du vendredi 12 août au soir au lundi 15 août 2016.
Pour en savoir plus, et vous inscrire: 
http://www.carmes-paris.org/festival-carmelitain-jeunes-a-…/.

 

Quelques mots de sœur Marie, Prieure du Carmel de Lisieux

« La vie religieuse a considérablement évolué. Elle a connu plusieurs phases au cours de lhistoire, qui sont liées à limage que chaque époque se fait  de Dieu, selon sa sensibilité propre et sa façon de comprendre  la foi.

Ainsi, du Moyen Age à nos jours, la façon de vivre la prière a considérablement évolué. Le cloître était par exemple un lieu privilégié pour les moines cisterciens, puisquil leur permettait de contempler Dieu transcendant grâce à l'ouverture vers le Ciel.
Quelques siècles plus tard, au Carmel, cest la cellule qui est le jardin intérieur, le « cloître intérieur »Au fil du temps,  le cloître a donc peu à peu perdu cette fonction primitive et est devenu comme un lieu de passage.

cloître  carmel  Lisieux                                                         Cloître du carmel de Lisieux, vue aérienne

De nos jours, face à un monde « multipolaire », le christianisme apprend à vivre avec dautres propositions, évidemment respectables. Cette manière de présenter le christianisme ne modifie pas la doctrine chrétienne, mais tient compte de la présence dautres religions et croyances. Le caractère missionnaire évolue donc également.

Car toute carmélite est missionnaire dans l’âme. Le Carmel nest pas un cocon où se retirer du monde pour y vivre tranquille.  Le temps dédié à la prière personnelle silencieuse prend une grande place dans notre vie. Ce temps permet à chacune dentre nous dorienter sa prière selon l'appel personnel que le Seigneur lui adresse. Cette grande liberté crée une vie communautaire riche, où chacune vit à sa manière et selon sa nature sa mission. Ainsi dun bouquet de fleurs … »

* Cet entretien se fonde en partie sur le  livre du père Philippe Lécrivain, Jésuite, spécialiste de lhistoire de lEglise,  qui a beaucoup réfléchi sur le devenir de la vie religieuse. Il a publié, en 2009 un essai : La manière de vivre des religieux. Une approche théologique, (Bruxelles: Lessius, 2009). Pour en savoir plus sur cet ouvrage, on peut consulter le site: http://www.jesuites.com/actu/2009/lecrivain.htm

weekedcarmelitainjuin

Retrouvez la messe à la Cathédrale Notre Dame de Paris en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre :

 

Tract 7 8 novembre

Le Pèlerinage de la famille du Carmel à Lisieux aura lieu lors du week-end de clôture des fêtes thérésiennes, les 3 et 4 octobre.
En voici le thème : "Ma folie à moi : espérer tout de sa miséricorde"

 PROGRAMME :theresejeannedarc

Samedi 3 octobre
13 -14h : Accueil à l’Ermitage Sainte Thérèse
14h15 :   Prière d’ouverture au Carmel
14h30 :   Ouverture du Provincial fr. Guillaume Dehorter puis Méditation
Restaurer en nous l’image du Christ’
15h30 : Atelier de partage au choix
(Nos blessures : qu’est-ce qu’on en fait dans l’oraison ? ;
La miséricorde : les mots pour le dire aujourd’hui ;
Tenir compagnie à Jésus souffrant, et à nos frères;
Le testament de Christian de Chergé, moine de Tibhirine ;
Bien vivre le sacrement de la réconciliation.
)
17h30 :   Prière silencieuse accompagnée au Carmel
18h30 :   Office des Vêpres au Carmel
20h30 :   Veillée de prière au Carmel

Dimanche 4 octobre
7h00 :     Prière silencieuse au Carmel
8h00 :     Office des Laudes au Carmel
9h15 :     Conférence par Mgr Jean Sleiman au Centre JPII  (La miséricorde de Dieu chez Thérèse d’Avila et Thérèse de Lisieux)
10h30 :   Messe solennelle à la Basilique
15h00 :   Procession avec les reliques
15h30 :   Vêpres au Carmel

NOUVEAU : Trajet en car Paris-Lisieux pour 35€ (Départ à 9h samedi 33 rue de Sèvres 75007. Retour dimanche vers 20h 33 rue de Sèvres) 

Inscriptions obligatoires : télécharger le bulletin à envoyer avec le règlement correspondant (hébergement, repas, car) – Tract Pélé Lisieux 2015

Lisieux 2015

chantier foi 2015

Affiche 2 wecarmelitain

Flyers we thérésien pour site copier

epoux martins2-f08aa

L’ANNONCE DU VATICAN 

Mercredi 18 mars 2015, lors d’une audience privée avec le Cardinal Amato, Préfet de la Congrégation pour la cause des Saints, le Pape François a autorisé la promulgation du décret reconnaissant le miracle de la guérison de la petite Carmen, attribué à l’intercession des bienheureux Louis etZélie Martin.
Dans le processus vers la canonisation, cette reconnaissance est une nouvelle étape après l’avis favorable des médecins puis des théologiens, puis des évêques et cardinaux concernés qui devrait conduire le Saint-Père à annoncer, lui-même, lors d’un prochain Consistoire public, la décision et la date de la Canonisation des bienheureux Louis et Zélie Martin.


LE MIRACLE À VALENCE
carmen-et-mgr-jacques-habert-valence-espagne-mai-2013
Louis et Zélie Martin ont été béatifiés à Lisieux le 19 octobre 2008.
Carmen naît le 15 octobre 2008, après 28 semaines d’une grossesse très difficile. « Préparez-vous au pire » annonce la sage-femme. Les complications, fréquentes chez un grand prématuré, se multiplient : détresse respiratoire, cardiaque, double septicémie, hémorragie cérébrale au stade le plus avancé, etc.
L’enfant ayant vu le jour pour la Fête de sainte Thérèse d’Avila, le papa se rend dans un carmel en dehors de la ville. Les soeurs prennent cette intention à coeur. Les parents viennent chaque dimanche à la Messe et repartent vite à l’hôpital.
Fin novembre, le cas semble désespéré. Pour la première fois la maman a le droit de toucher son bébé, la couveuse reste ouverte. La famille commence à évoquer l’inhumation.
Le 23 novembre, la Prieure du Carmel remet aux parents la prière à Louis et Zélie en espagnol. Ils ne les connaissaient pas du tout, pas plus que leur célèbre fille Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face.
Dès le lendemain a lieu un changement providentiel d’hôpital. Contrairement à toute attente, Carmen le supporte, l’infection est jugulée. Elle commence à récupérer, au point de sortir le 2 janvier 2009.
Un point reste très préoccupant : l’hémorragie cérébrale dilate son crâne et la fait souffrir. Un examen est prévu le 19 février. Il faudra probablement opérer. Nouvelle « offensive » de prière aux Parents Martin dont le Reliquaire passe providentiellement au Sanctuaire de Llerida juste avant. Le père de Carmen, le grand frère Ismaël (né en 2004), et les grands-pères s’y rendent pour remercier et intercéder.
De leur monastère, les carmélites se joignent à leur prière. Quelques jours après, l’échographie révèle que l’hémorragie cérébrale a disparu, on ne constate plus que les cicatrices et, ce qui est le plus surprenant (à ce jour les médecins ne peuvent l’expliquer), l’absence totale de séquelles neurologiques ou motrices.
C’est ce miracle dont le Pape a autorisé ce matin du 18 mars, le décret de reconnaissance.


Sanctuaire de Lisieux et Sanctuaire d’Alençon

Sœur Thérèse de Jésus 

Thérèse Pillot 1935-2015

Sr Thérèse petite

La petite Thérèse vint égayer son foyer le 1er juillet 1935 : la première fille, après un garçon. Une autre suivra bientôt, et Thérèse sera toute sa vie très proche d’eux, sans oublier les trois autres garçons qui suivront. Le papa travaillait dans les chemins de fer, ce qui permettait souvent de petits voyages que Thérèse aimait bien. Elle était pleine de vie, toujours prête à rendre service, dynamique et joyeuse. Toute petite, on l’envoya en séjour de prévention en sanatorium pour plusieurs mois. Ce fut sa première séparation d’avec ses parents, et elle sut être courageuse. Thérèse aimait beaucoup les enfants et savait s’en occuper avec tendresse, ce dont ont bénéficié plusieurs générations d’enfants en colonie, où elle a travaillé plusieurs étés. Plus tard, elle sut s’impliquer dans un quartier pauvre, pour les visites de famille et aider les personnes âgées.

Très tôt elle aida sa maman à confectionner les vêtements de ses petits frères. Elle s’y révéla très douée : elle aimait ça ! Elle eut la grande joie de pouvoir travailler dans la couture toute sa vie, sa deuxième vocation comme elle disait souvent. Elle était enthousiasmée ici par son travail de couturière pour l’Aide au Travail des Cloîtres, qui fut une part importante du gagne-pain de la communauté qu’elle a continué avec zèle jusqu’au bout.

 

Sr Thérèse profession

Thérèse souhaitait se marier et avoir six enfants. Mais l’appel à la vie religieuse se fit pressant et elle y répondit généreusement sentant passer le sacrifice. Son appel la dirigea vers le Carmel de Lisieux – après la lecture de l’Histoire d’une âme. Mais le prêtre qui la guidait lui dit : « Comme votre famille est de Magenta et votre frère séminariste à Reims, il vaut mieux que vous entriez à Reims : tous pourront vous voir souvent. » Notre Thérèse s’est donc présentée au Carmel de Reims à 15 ans, comme Thérèse de Lisieux ! À sa grande déception, elle se fit dire d’attendre ses 19 ans. Elle prit aussi conscience qu’elle allait demander à ses parents un énorme sacrifice. Un soir, elle se décide à l’annoncer… Sa maman a pleuré toute la nuit mais par amour, les parents acceptèrent.

Thérèse entre donc au monastère le 15 septembre 1954. La prise d’habit eut lieu l’année suivante et sa profession le 25 mars 1957. Son frère fut ordonné en juin 1961 exceptionnellement au Carmel même, en présence de la communauté et de toute la famille. Elle vécut sa vie de carmélite tout ordinaire, avec des épreuves qu’elle sut dépasser en esprit de foi et d’obéissance, sans amertume. Elle fut très aidée par le P. Poulain, futur évêque de Périgueux, qu’elle retrouva avec bonheur quand il s’installa à Lisieux.

A la fermeture du Carmel de Reims, le désir initial de Thérèse put enfin se réaliser dans la joie, au cours de l’été 1986. Elle demeura cependant toujours très proche de sa famille, champenoise et très fière de l’être. Lors de son court séjour à l’hôpital en janvier dernier, l’infirmière lui demanda qu’est-ce qu’elle voulait : « Du champagne… » et elle l’obtint !


Thérèse aimait l’Eglise et la liturgie fut toute sa vie un grand phare : elle tenait à ce que celle-ci soit belle et vécue dans le respect des rituels. Ses connaissances musicales et sa jolie voix firent merveilles. Elle s’est beaucoup investie pour que le passage de Vatican II puisse bien se réaliser, avec le chant, les répétitions, l’accompagnement à la cithare, sans parler des sessions de formation. Elle s’y est aussi généreusement donnée à Lisieux, et avec compétence, jusqu’au passage de relais à une autre sœur après les dernières élections.

Thérèse fut aussi longtemps à la provisoirie. Elle était douce et disponible, toujours le sourire aux lèvres et on se souviendra de sa chaleur à l’accueil du monastère, où elle travaillait parfois. Thérèse aimait toutes les sœurs, et mettait joie et humour en récréation. De surcroît bonne comédienne, elle sut endosser quelques rôles inoubliables.

La vie religieuse de Thérèse était d’une observance joyeuse, pieuse, silencieuse, dans une profonde attitude de foi. L’Eglise, le salut des âmes, le soutien d’une personne en souffrance, les vocations religieuses… combien de chapelets ou d’invocations vers le Seigneur n’a-t-elle pas fait monter vers le ciel, avec une simplicité d’enfant et sans se décourager. Quelques jours avant sa mort, sa prieure s’absenta plusieurs jours et lui recommanda une rencontre délicate qu’elle devait faire. Au retour, déjà très faible et dans un sommeil profond, elle ouvrit les yeux et lui dit : « alors ? j’ai bien prié pour vous ».

Sr Thérèse récent 2


Cela nous fait de la peine de perdre Thérèse, alors qu’elle était en pleine activité dans la communauté. Fin novembre, elle apprenait le diagnostic de son cancer du pancréas un matin et le soir elle partageait à la communauté avec un beau sourire : « Est-ce le premier signal de la venue de
l’Époux ? » Heureuse de la rencontre proche ! Avec la dépendance grandissante, elle s'abandonna tout sereinement, sans amertume ni désolation. Elle se demanda « comment elle allait faire pour mourir » et accueillit toujours les réponses de sa prieure dans la confiance, avec un sourire lumineux et une foi rayonnante. Elle est restée ainsi au fil des mois, si paisible, abandonnée, se sentant soutenue par la prière de tous. Quand elle n’eut plus la force elle aimait qu’on vienne lui lire l’Office, saint Jean ou dire le chapelet. Lors des soins, elle se laissait toujours faire, acceptant tout simplement, s’efforçant de retenir le prénom de chacun et échangeant sur la prière. Elle était sans force aucune et elle l’assumait, tout en étant un rayon de soleil pour l’équipe soignante de professionnels et pour ses soeurs qui se relayaient et aimaient à prier à son chevet.

A l’une qui lui demandait : « que veux-tu ? » elle répondit « le Ciel : ». A une autre : « priez pour que je garde la foi. »

Lors des derniers passages auprès d’elle d’un Père carme elle l’accueillit avec son bon sourire : « je ne sais pas ce que le Bon Dieu attend, moi je suis prête à aller le voir! mais c’est son affaire. S’il veut que je reste encore il doit avoir ses raisons. Alors j’accepte et j’attends. … Tu sais au ciel, je n’ai pas du tout l’intention de me reposer; ah non ! Je veux faire comme la petite Thérèse; je veux faire du bien sur la terre… Au ciel, je vais aider la petite Thérèse. elle est tellement sollicitée qu’elle doit avoir du travail, alors je vais la soulager. »

Et c’est en ce jeudi matin ensoleillé du 19 février 2015 qu’elle est allée rencontrer son Époux tant aimé.

Vos sœurs carmélites de Lisieux.

Sr Therese de Jésus

 

Notre soeur Thérèse de Jésus (Thérèse PILLOT) est entrée dans la Vie ce 19 février au matin, pendant notre retraite communautaire. 

Jusqu'au bout elle a offert sa vie, ses souffrances aux intentions de l'Eglise, toute abandonnée au Seigneur depuis la découverte de sa maladie fin octobre.

Ses obsèques seront célébrées lundi 23 février à 14h dans la chapelle du Carmel, suivies de l'inhumation dans le carré des carmélites au cimetière de Lisieux. Nous la confions à votre prière.

Inauguration de l’espace muséographique thérésien le 6/02 à Lisieux
 source : carmes de Paris

Espace thérésien Lisieux

En octobre 2011, les carmélites de Lisieux, soutenues par l’association des « Amis de sainte Thérèse et du Carmel de Lisieux » ont entrepris la refonte du parcours muséographique situé à gauche de la chapelle du Carmel. Il se compose de trois espaces : une présentation générale, la vie au carmel et la galerie des ex votos.

Une équipe composée d’une carmélite, du frère Didier-Marie Golay et d’un membre du service d’accueil du Sanctuaire s’est mise au travail pour rénover ce mini-musée dédié à sainte Thérèse de Lisieux. Il a fallu plus de trois années pour repenser et réaliser ces nouveaux espaces. Les choses se sont faites progressivement sans nécessiter la fermeture du lieu. Aussi nous sommes heureux de vous annoncer son ouverture, qui a eu lieu vendredi 6 février 2015, à 17 h.
C’est une étape de plus dans le désir de faire connaître la vie et le message de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus de la Sainte-Face !

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

« Plus tu seras pauvre, plus Jésus t’aimera…c’est la confiance, rien que la confiance qui conduit à l’Amour. » (LT 197)

 DSCN1359_800x600Pour se lancer et avancer sur ce chemin de la pauvreté telle que nous l’explique Thérèse, je crois qu’il faut s’exercer au lâcher prise pour apprendre à tout recevoir, qu’on soit laïc ou contemplatif, c’est pareil. Pour découvrir cette science de l’Amour il faut que, comme Thérèse, je vide mes mains. Saint Augustin dit : « Si ta coupe est pleine, tu ne peux rien recevoir il faut donc vider ta coupe. » Et Thérèse nous le dit aussi : « plus on est faible, sans désirs ni vertus, plus on est propre aux opérations de cet Amour consumant et transformant…mais il faut consentir à rester pauvre et sans  force et voilà le difficile. » Oui, c’est difficile d’accepter sa propre pauvreté et de s’en réjouir car n’ayant rien on peut alors recevoir tout !

Pour comprendre cela je pense qu’il faut passer de longs temps de silence en face de Dieu. Dans l’oraison, dans l’adoration, tu ne peux pas t’accrocher à quelque chose, il n’y a rien. Moi, je me construisais tout un petit monde, et ça peut servir aussi, Thérèse d’Avila dit qu’on peut avoir besoin d’une image, d’un texte, ça dépend de chaque tempérament mais si je prends ce petit moyen c’est pour m’aider : la prière ce n’est pas cela, c’est au-delà. Dans la prière c’est Lui qui travaille, c’est Lui qui nous travaille. Et quand tu es au fond du trou ou que tu vis quelque chose de dur, et bien tiens-toi devant Lui dans le silence, offre ta présence à Celui qui est présent.

DSC_0350_530x800On m’a parlé d’un jeune qui avait 250 SMS par jour ! Super si j’envoie 250 SMS à Jésus par jour, pour le remercier, le louer, lui dire que je l’aime, lui confier un combat ou une intention ; comme un pauvre d’aujourd’hui je me connecte à  Lui 24 heures sur 24 et je ne suis plus jamais seule !

Dans la prière il se passe quelque chose, même si je ne le vois pas et même si durant toute l’heure de l’oraison il me semble qu’il ne se passe rien, ensuite, à la cuisine me vient une parole de l’Evangile et un lien se fait avec ce que j’ai vécu avant. Ce n’est pas forcément tout d’un coup la parole inspirée qui te tombe dessus, mais cela peut arriver mais ce n’est pas automatique et ce n’est pas parce que tu as eu une grâce hier que tu vas la rattraper demain, mais non, lâche prise, lâche prise !!!

Donc, je crois que la pauvreté est la route vers l’Amour, et aussi la paix et la joie parce que c’est libérant, c’est Lui qui libère, c’est une voie de libération, et quand tu relis la Bible à cette lumière, tu vois que tous les appelés ont été amenés à cette pauvreté, par des chemins variés…C’est la bonne voie et c’est celle de Thérèse !

Une soeur carmélite

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici.

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

« Plus tu seras pauvre, plus Jésus t’aimera…c’est la confiance, rien que la confiance qui conduit à l’Amour ». (LT 197)

Profession_MP_Philippe_310_800x532Je te disais la semaine dernière que le chemin de la confiance, même s’il passe par bien des dépouillements, est celui du bonheur. C’est aussi un chemin difficile, parce que la joie, ce n’est pas au moment où tu es dépouillée que tu la ressens, là tu hurles ! Quand une sœur s’en va, pour moi c’est épouvantable, mais alors me remonte la parole de Jésus à Pierre quand ce dernier s’inquiète de ce qui arrivera à Jean : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je revienne, que t’importe ? Toi, suis-moi. » (Jn.21, 22). Finalement, aimer les autres ce n’est pas les caresser dans le sens du poil, ni même leur donner des conseils, c’est les remettre à Dieu, lâcher prise

Thérèse elle-même sait ce dont elle parle quand elle nous enseigne cette pauvreté là. Entrée au carmel, il lui a fallu non seulement quitter sa famille douillette, ce qui n’était pas rien (quitter une famille comme ça, moi, je ne sais pas si j’aurais pu…), puis une fois qu’elle est arrivée au carmel elle a dû « quitter » d’une autre manière ses sœurs qui étaient là, ce qui est pire que quand on est loin ; et après ses certitudes sont tombées aussi et elle a vécu sa nuit de la foi. Donc, quand elle nous parle de « la confiance qui conduit à l’Amour », elle n’a plus rien que cette confiance folle et c’est vraiment son chemin et c’est le chemin de Jésus. IL faut du temps pour voir tout ça…parce qu’au début, quand on entend parler de la confiance, on trouve ça joli, voire facile, mais quand tu es appelé à la vivre en vérité dans ton existence, dans tes expériences, ça décape…et tu peux redire en vérité avec Thérèse : « c’est la confiance, rien que la confiance qui conduit à l’Amour ».

DSC_0689_800x629Et ce n’est jamais fini, parce que le Seigneur nous aime, alors Il veut vraiment qu’on soit tout à Lui et on ne l’est pas, que l’on ait vingt ans ou que l’on ait les cheveux blancs ! Le « Dieu seul suffit » de Thérèse d’Avila, c’est une belle parole mais c’est comme l’Evangile, on ne le vit pas totalement, on est en tension vers… C’est Dieu qui nous rend pauvre et c’est un chemin de joie. Quand tu relis ta vie, tu vois que le Seigneur t’a conduit plus loin que tu ne l’aurais jamais cru. Je te le racontais il y a deux semaines, dans ma jeunesse je croyais que la pauvreté, c’était de ne rien avoir, puis j’ai voulu programmer mon chemin de pauvreté, et finalement le Seigneur m’a montré que Lui seul pouvait me donner la vraie pauvreté. Vois la fidélité du Seigneur : Il m’a donné le désir d’être pauvre pour Lui, a creusé ce désir et l’exauce au jour le jour maintenant dans ma vie. Je suis toujours fidèle à ce désir de mes vingt ans mais Dieu l’a réalisé à sa manière, qui voit beaucoup plus loin et plus grand que moi et ce n’est pas fini !

Une soeur carmélite

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici.

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

« Plus tu seras pauvre, plus Jésus t’aimera…c’est la confiance, rien que la confiance qui conduit à l’Amour » (LT 197)

DSC_0237_530x800La pauvreté selon Thérèse, comme je te le disais la semaine dernière, c’est donc un don de Dieu qui nous dépouille tout au long de notre vie pour que nous arrivions devant lui « les mains vides », et libres. Personnellement, je suis très sensible aux relations, alors c’est toujours dans les relations que le Seigneur me dépouille, ce n’est pas évident ! C’est beaucoup plus difficile pour moi que de coucher par terre comme je l’ai fait dans ma jeunesse, ce qui ne me coûtait pas.

En relisant la Bible, je me suis aperçu que dans l’Ancien testament que j’aime beaucoup, tous les élus, tous ceux qui étaient choisis, appelés par Dieu, passaient par des dépouillements successifs pour arriver à ce que, comme dira Thérèse d’Avila, « Dieu seul suffit ». C’est une belle parole, mais j’avoue que je suis encore loin de la vivre ! Quand on reprend l’histoire d’Abraham, on voit que Dieu l’a amené aussi à cette pauvreté de l’être : il a dû lâcher son pays, sa femme, son frère, même son fils Isaac et toutes ses relations. Pour Jacob, ce n’est guère mieux : il a dû lâcher son frère, son enfant préféré…de même Joseph tous ses frères. Quand tu reprends un par un ces personnages de la Bible tu t’aperçois que, finalement, c’est toujours le Seigneur qui les a dépouillés, ce n’est pas eux qui se sont fabriqués leur pauvreté, ils ont seulement répondu…Donc, notre rôle c’est bien cela : répondre. Et j’en reviens à Thérèse qui dit : « Plus tu seras pauvre, plus Jésus t’aimera » ; je crois qu’on peut retourner et dire : plus tu seras pauvre, plus tu aimeras Jésus, parce que tu seras libre. Donc ce n’est pas un chemin triste ! Quand on parle de dépouillement on pourrait se dire que ce n’est pas marrant et souvent ça donne une fausse image du carmel et de la vie religieuse, mais c’est un chemin de liberté, autrement on est esclave, esclave de ses programmes ou d’autres choses. Et ce chemin conduit à l’Amour.

DSC_0570_800x530Thérèse nous dit : « C’est la confiance, et rien que la confiance qui conduit à l’Amour », cet amour que moi, et toi aussi cherchons. Mais attention, la confiance ce n’est pas un petit mot gentil…la vraie confiance, c’est quand tu n’as plus rien et que tu fais confiance quand même ! Et quand je dis que tu n’as plus rien, je ne parle pas seulement au point de vue matériel, mais aussi quand tu perds tes certitudes, tes appuis…quand tu lâches prise. Cela dépend du tempérament que l’on a, mais moi j’aime bien organiser, gérer, donc lâcher prise c’est quelque chose qui ne m’est pas naturel. Lâcher prise, consentir à mes limites (parce qu’au début, ce qui m’énervait, c’était les autres, mais en vieillissant ce qui m’énerve c’est d’avantage moi-même parce que je n’arrive pas à me changer !) Et là, je rejoins aussi ce que Thérèse nous dit de la confiance : ton appui ce n’est plus ton programme, tes belles pensées et certitudes, non ce n’est plus cela ; il n’y a plus qu’un appui, c’est Dieu que tu ne sens pas forcément…Comme dit Thérèse en reprenant Jean de la Croix : « Appuyée sans aucun appui, je vais me consumant d’amour ». Alors tu fais vraiment confiance, et tu es heureuse car tu as les mains vides, donc tu vas tout recevoir. C’est tout un chemin et je ne suis qu’en chemin mais je sais que c’est un chemin vrai, où il n’y a pas d’illusion. Essaye tu verras !

Une soeur carmélite

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici.

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

Prau_800x590Quelle est la parole de Thérèse qui me touche le  plus ? Mais choisir une phrase de Thérèse, c’est difficile pour moi car au fond, c’est tout Thérèse que j’aime ! En particulier, c’est vrai le Manuscrit B d’Histoire d’une âme, où elle expose cette « science de l’Amour », expression qu’elle emprunte à St Jean de la Croix. Cette science de l’Amour je la recherche, comme toi sans doute, et depuis tant d’années…Et s’il faut vraiment focaliser, je choisirai les textes où elle parle de la pauvreté, un thème qui m’est cher depuis mon noviciat et c’est à travers ce thème que je comprends Thérèse, car la pauvreté, c’est pour moi la petite voie.

« Plus tu seras pauvre, plus Jésus t’aimera…C’est la confiance, rien que la confiance qui conduit à l’amour. » (LT 197où Thérèse explique à sa sœur Marie quelques points du Manuscrit B)

La pauvreté comme chemin conduisant à l’Amour, au Christ pauvre m’a toujours attirée mais ma perception en a beaucoup changé avec le temps. Quand j’étais très jeune, je comprenais la pauvreté dans le sens matériel : ne rien avoir. Je viens d’un milieu qui n’était pas très riche mais sans manque, et je voulais vivre comme les pauvres, car je comprenais que pour s’approcher d’eux il fallait vivre comme eux, mais quelque part c’est une illusion car on ne sera jamais comme eux et je m’en suis vite rendu compte après avoir fait des expériences concrètes de pauvreté comme dormir dans un taudis avec un matelas par terre, manger et travailler comme eux etc.…et j’étais très contente et un peu trop fière d’être pauvre, du moins je me croyais telle ! En fait j’étais à côté de la plaque ! C’était une expérience mais ce n’était pas cette pauvreté matérielle qui me faisait approcher de Jésus comme je le souhaitais.

Profession_MP_Philippe_055Après, j’ai essayé d’être pauvre dans le sens de « pauvre de soi » : laisser passer les autres en premier…mais je me suis aussi rendu compte au bout de quelque temps que finalement c’était moi qui me construisais une pauvreté ; je me faisais mon programme de pauvreté et c’est normal, il faut passer par là, mais j’ai compris que la pauvreté, c’est un don de Dieu. Quand j’ai compris cela, tout a basculé car je me suis aperçu que moi, je ne pouvais rien faire. Alors là, l’expression de Thérèse : être devant Dieu « les mains vides » m’a rejointe. Moi, j’avais encore les mains trop pleines : pleines de tous mes efforts, pleines de tout ce que je voulais et cela était beau aussi mais j’ai compris que pour que le Seigneur me fasse ce don, il fallait qu’il se charge lui-même du programme ! Dans la prière j’ai mieux saisi que finalement, ce sont des dépouillements successifs qui me permettront d’avoir vraiment les mains vides. Alors, n’ayant plus rien je serai vraiment pauvre et libre. Et Thérèse nous dit : « Plus tu seras pauvre... », c’est donc que le chemin est loin d’être fini, jusqu’à ma mort ça continuera et c’est Lui seul qui tracera le chemin et non plus moi !

Une soeur carmélite

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici.

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

« Le souvenir de mes fautes m'humilie, me porte à ne jamais m'appuyer sur ma force qui n'est que faiblesse, mais plus encore ce souvenir me parle de miséricorde et d'amour. » (LT247)

Ce que je voudrais vous dire, c’est qu’il ne faut pas se décourager !

Dieu peut se servir de mes faiblesses et de mes limites pour faire du beau et du bien. Certes, Il peut me délivrer de mes faiblesses, mais à son heure… peut-être seulement à ma mort !

DSC_0243_800x530Il me vient à l’esprit un texte du Père Luc Lafleur de Saint Domingue : Une jarre fêlée. C’est l’histoire d’une jarre fissurée qui s’humilia un jour devant son porteur d’eau. Alors que sa sœur arrivait toute remplie, elle, elle avait déjà perdu la moitié de son contenu. Le lendemain, son porteur lui fit remarquer que le côté du chemin qu’elle avait arrosé grâce à sa fêlure était tout fleuri, et il lui expliqua qu’il y avait semé des graines, et que chaque jour elle les arrosait. A présent, il allait pouvoir cueillir des fleurs qu’il porterait sur le bureau de son maître.

J’ai trouvé très beau ce texte qui nous dit que le Seigneur peut se servir de nos faiblesses, de nos limites pour en faire quelque chose d’inattendu, et de beau. Si je reste enfermée dans mes faiblesses, dans mes limites, en me comparant à telle ou telle autre sœur, la tristesse va s’installer en moi. Mais si je m’ouvre à l’autre, à toutes celles qui m’entourent, si je regarde les fleurs (le bon, le bien) que je rencontre chaque jour, si je sais demander de l’aide à une personne de confiance, alors je verrai la joie, la lumière autour de moi et je serai plus légère, plus libre, plus heureuse pour essayer de me construire et de « faire de ma vie un acte d’amour », comme dit encore Thérèse (LT224).

La cruche fissurée, chacun de nous l’est quelque part. Dans un couple, un jour c’est l’un, le lendemain, c'est l'autre. Dans une communauté, dans une équipe de travail, dans une chorale,… c’est la même chose. Qui que nous soyons, nous pouvons nous aider à vivre nos faiblesses, nos limites, dans un climat de paix qui peu à peu les estompera presque à notre insu.

Une sœur carmélite

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici.

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

« Je fais comme les enfants qui ne savent pas lire, je dis tout simplement au Bon Dieu ce que je veux lui dire, sans faire de belles phrases, et toujours Il me comprend... Pour moi, la prière, c'est un élan du cœur, c'est un simple regard jeté vers le Ciel, c'est un cri de reconnaissance et d'amour au sein de l'épreuve comme au sein de la joie. » (MsC, 25v)

DSC_0127_800x747_2Très beau passage, où Thérèse répond à ceux et celles qui disent : « Je ne sais pas prier » ; moi, j’en fais partie de ces gens-là, je ne sais pas prier ! Et c’est parce que je suis tout-à-fait d’accord avec Thérèse que je me permets d’ajouter une note personnelle d’expérience à ses propos : on dit au bon Dieu ce qu’on veut, on n’a pas besoin de chercher de grandes et belles prières (Thérèse avoue que ça lui donne mal à la tête !)…

Pendant longtemps, à mon réveil, je disais : « Seigneur je te donne cette journée avec tout ce qu’elle va contenir de joies, de difficultés, d’imprévus et de prévus ». Mais ensuite, au bout d’un certain temps, je me suis dit que j’allais changer de tactique, et qu’il serait mieux de dire : « Seigneur, j’accueille tout ce que tu voudras me donner aujourd’hui, tous les évènements, je les accueille d’avance ». Vous voyez la nuance : si je les donne, ça vient de moi, si je les accueille, ça vient du bon Dieu. Accueillir d’avance, c’est un peu comme si tu signes un chèque en blanc. Accueillir, c’est un verbe positif, tandis que si tu dis « J’accepte », c’est un peu différent, moi je préfère accueillir.  Et le soir, j’essaierai de rendre au Seigneur ce qu’Il m’a donné dans la journée avec une « plu value ». Mais très souvent, ce qu’Il m’a donné, je l’ai cabossé, abîmé, mais ce n’est pas grave, je lui remets quand même. Et puis un jour, j’ai compris autre chose : la prière, elle aussi nous est donnée de Dieu. Puisque l’Esprit Saint est en nous, Il prie en nous, alors même la prière, j’ai à l’accueillir.

DSC_0234_530x800Je repense à ce jour de ma jeunesse où, devant une branche de pommier si belle, j’ai été saisie par la prière. Ce moment de contemplation, je ne l’ai pas cherché, il m’a été donné par Dieu comme un éclair qui aurait traversé mon corps pour aller au plus profond de mon être. Ce qui me fait penser à une phrase du père carme Delalande : « Le chemin le plus long est celui qui nous amène au-dedans de nous. » C’est vrai ! Très souvent, je n’arrive pas à rentrer en moi-même : l’Esprit Saint habite en nous mais on n’arrive pas à être à son écoute, à répondre à son attente, et il y a toujours des choses qui reviennent pour couper le chemin. On dit que le chemin le plus beau est celui qui nous mène à l’autre, mais le plus long c’est bien celui qui nous mène de l’extérieur à l’intérieur ! Dans l’épisode de ma branche de pommier, ce fut court, mais c’est  rare ! Cette expérience assez rare me montre que je peux désirer la prière, je peux la demander, mais c’est un autre qui prie en moi, l’Esprit Saint, indépendamment de ce que je ressens… et heureusement ! Alors parfois, pour m’encourager à persévérer, il laisse échapper une petite lueur.

Dans la prière, c’est l’Esprit Saint qui fait tout alors je le laisse se débrouiller ! Quelque fois je l’aide un petit peu… Par exemple, on dit qu’il faut aussi faire prier son corps. Si je prends une attitude de prière (on peut lever la tête, les mains, se mettre à genoux, se coucher par terre,…), c’est très bien, mais j’ai beau faire prier mon corps comme je peux, si Dieu ne vient pas à ma rencontre, je n’arriverai pas là où Il est, au plus profond de mon être.

Comme cela arrive rarement, je peux dire en vérité que je ne sais pas prier. Mais Saint Augustin dit : « Ton désir, c’est ta prière. » Dans la persévérance, dans la confiance, demandons à Dieu le don de la prière. Si nous la désirons avec toutes les fibres internes de notre être alors nous serons prêts à l’accueillir !

Une sœur carmélite

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici.

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

S1020113_800x450« Pour aimer Jésus, être sa victime d'amour, plus on est faible, sans désirs, ni vertus, plus on est propre aux opérations de cet Amour consumant et transformant... Le seul désir d'être victime suffit, mais il faut consentir à rester pauvre et sans force. » (LT197)

Depuis que je suis entrée au carmel, une question me poursuit : quelle est ma part, quelle est celle du Seigneur dans ce que je vis ? C’est une question difficile, car ce n’est pas comme un fromage qu’on coupe en parts ! Il me semble qu’en même temps, je fais des choix et en même temps, je le laisse faire. Plus on se donne, plus Lui va se donner à nous : plus mon cœur est ouvert, pas centré sur lui-même, plus Il va se donner à moi. Il ne peut pas se donner à moi si je suis centrée sur moi-même, pas comme Il le voudrait. Il fait qu’Il trouve un cœur ouvert, ouvert sur l’autre, sur Lui.

DSC_0249_456x800Mais attention, et il me semble que c’est le sens de la phrase de Thérèse, ce n’est pas parce que j’ouvre mon cœur que je vais être sainte, en ce sens que je ne fais pas moi-même ma sainteté. Ce n’est pas parce que j’aurai fait des sacrifices, des choix d’ouverture que je vais être sainte : on ne fait pas sa sainteté soi-même. C’est pour ça qu’il faut être « faible, sans désir, ni vertu », ainsi on ne croit pas faire sa sainteté à la force de son petit poignet, au contraire on la reçoit. Ce n’est donc pas parce qu’on est faible qu’on ne sera pas sainte, c’est le contraire qui est vrai… Il y a une part de nous qui doit laisser aller, laisser faire Dieu qui fait son œuvre à sa mesure à lui, qui n’est pas forcément à la nôtre.

Pour vous donner un exemple, pendant ma dernière retraite, j’ai raté une occasion de faire un petit sacrifice par amour. Plus tard, lorsque je priais, je ne me suis pas culpabilisée parce que j’avais raté une occasion, je me suis dit : « Voilà Jésus, je te présente ça. J’aurais pu faire ce choix-là pour toi, je ne l’ai pas fait, et bien je te le présente ». C’est aussi un peu ça, d’être faible, sans désir : je n’ai pas les grands désirs ni les vertus pour faire telle chose, et bien ça aussi je le donne au Christ. En fait je lui donne tout, tout ce que je suis, je lui donne.

Quand Thérèse dit qu’elle n’a pas été trois minutes sans penser à Jésus, je ne sais pas comment elle a fait. Thérèse, c’est le summum ! Mais ça ne l’a pas empêchée d’avoir, par exemple, des mouvements d’impatience, et ça, elle l’a vu Thérèse, elle l’a regardé en face, elle avait ses faiblesses, mais ce qu’elle nous dit, c’est que ce n’est pas grave. Qu’est-ce que tu fais quand tu rates ? Est-ce que tu es en train de culpabiliser, de te regarder le nombril ? Car ton ego en prend un coup bien sûr… Ou est-ce que tu vas te tourner vers Lui ? Le but, ce n’est pas de réussir partout, c’est que même quand tu te plantes, tu te tournes vers Lui : « Voilà Jésus… » A la fin de ta journée, quand tu la relis, souvent tu réalises que ta journée, elle n’est pas chouette. Et bien consens à ta journée ratée, présente la au Seigneur, telle qu’elle est, et Il pourra alors en tirer plus de merveilles que si tu l’avais « réussie » avec tes propres petits moyens.

Une soeur carmélite

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici.

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

DSC_0448_800x530« Pour aimer Jésus, être sa victime d'amour, plus on est faible, sans désirs, ni vertus, plus on est propre aux opérations de cet Amour consumant et transformant... Le seul désir d'être victime suffit, mais il faut consentir à rester pauvre et sans force. » (LT197)

« Il faut consentir à rester pauvre et sans force. » : quand je lis ça, je me dis qu’en fait, c’est consentir à être ce qu’on est. Non  pas qu’on soit nul (ça, ça n’est JAMAIS vrai), on a des richesses, des dons, mais aussi des limites, des défauts et il faut consentir à être aussi ainsi, consentir à ce que je suis vraiment.

En même temps ce que je suis vraiment, je le découvre aussi avec le temps. Des fois, nos défauts on ne les voit pas forcément, nos dons non plus, c’est dans la vie, dans la relation avec les autres qu’on se découvre peu à peu. Et il faut consentir à ce qu’on découvre de soi, à cette limite-là… J’essaie de la travailler bien sûr comme je peux mais en même temps, je ne changerai pas tout en moi ! Je dois donc consentir à être ce que je suis vraiment. C’est un travail, c’est dur, parce que je voudrais être une autre, plus forte, meilleure… On essaye bien sûr mais il y a aussi des choses qu’on ne peut pas changer. Et là ça demande un abandon, d’apprendre à s’aimer comme ça aussi, « aimer ma petitesse » comme dit Thérèse.

S1020153_787x800Pourquoi consentir à être soi-même rend plus « propre aux opérations de l’amour » ? Quand on est centré sur soi, on ne développe pas ce qu’on est vraiment, on ne se donne pas vraiment. Plus on se libère de son petit ego, plus je m’ouvre à l’Autre et aux autres, plus je vais être moi-même. Pour vous donner un exemple, hier j’ai dû me rendre à une réunion où je ne voulais pas aller, mais j’ai pris sur moi pour essayer d’y donner quand même le meilleur de moi-même. Je crois que plus on se donne à Jésus à travers des petites choses comme ça, plus c’est lui qui fait le travail, c’est lui qui fait alors son œuvre.  Plus c’est un choix profond de renoncer à mon petit ego, plus je suis apte à l’œuvre de Jésus. Il me semble que c’est le message de Thérèse : plus je consens à ce que je suis, sans me replier sur mon petit ego mais en m’offrant au Christ, plus Jésus prend possession de mon cœur.

Une soeur carmélite

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici.

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

DSC_0304_530x800Il est des âmes sur la terre

Qui cherchent en vain le bonheur

Mais pour moi, c'est tout le contraire

La joie se trouve dans mon coeur

Ma joie, c'est d'aimer la souffrance,

Je souris en versant des pleurs

J'accepte avec reconnaissance

Les épines mêlées aux fleurs. (PN45, Ma joie) 

Souvent on me dit : « Tu es rayonnante, tu as une telle joie,… », et pourtant je ne me sens pas toujours très joyeuse ! Mère Teresa, elle a été presque toute sa vie dans la nuit, mais dans le regard des autres elle rayonnait de joie, je dirais parce que quelque part c’était une joie choisie.

Je vais vous donner un exemple : quand je rencontre ma sœur dans le couloir, qu’est-ce que je vais lui donner : est-ce que je lui donne ma tête de carême parce que j’ai des soucis, c’est-à-dire que je reste centrée sur moi, ou est-ce que je choisis de lui offrir mon plus grand sourire par amour ? Ce n’est pas de l’hypocrisie, car pour moi la joie est toujours réellement dans mon cœur, parce que Jésus y est. Est-ce que je reste centrée sur mon petit ego qui pense à moi, mes préoccupations, ou est-ce que je choisis de m’ouvrir à cette présence de Jésus en mon cœur qui fait ma joie et que je peux partager avec la sœur que je croise ?

Photo_marie_022_800x600Cette joie, c’est Jésus. Il est là, Il est toujours là, et ça c’est un acte de foi, on ne le sent pas forcément. La joie de Thérèse c’est vraiment Jésus, de se savoir aimée de lui. Alors on peut être dans la nuit complète comme Thérèse ou Mère Teresa mais mystérieusement la joie est là, parce qu’elle est donnée, et elle est reçue. Il y a quelque chose de mystérieux là, on ne peut pas tout expliquer, je vous partage ce que je pressens un peu.

Pendant ma grande retraite annuelle, on m’a demandé de sortir de mon silence et de ma solitude pour aller saluer un évêque. Quand je reçois ce message, intérieurement, je n’étais pas contente du tout, et cette mauvaise humeur montait…  Puis un moment je me suis arrêtée et j’ai dit : « D’accord, Jésus, pour toi, j’irai le voir. » J’ai basculé… et j’ai reçu une joie intérieure incroyable ! C’est un petit exemple de rien du tout, mais qui montre que quand on s’ouvre, on reçoit la joie de Jésus. Alors là c’était sensible, mais bon ce ne sera pas forcément sensible tout le temps. Mais plus tu te libères de ton ego, plus tu peux recevoir l’amour de Jésus. C’est par nos petits choix, par nos petites décisions, nos petits renoncement qu’on le fait. C’est toute notre liberté qui est en jeu là : le Seigneur ne t’impose jamais : tu vas  faire ci ou ça, il ne te dit pas dans le coin de l’oreille : tu vas renoncer à ci ou ça. Il ne te demande rien de tel, mais Il te demande ton amour, ton cœur.

Une soeur carmélite

Pour lire le poème Ma joie en son entier, cliquez ici

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici.

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

DSC_0603_530x800Il est des âmes sur la terre

Qui cherchent en vain le bonheur

Mais pour moi, c'est tout le contraire

La joie se trouve dans mon coeur

Ma joie, c'est d'aimer la souffrance,

Je souris en versant des pleurs

J'accepte avec reconnaissance

Les épines mêlées aux fleurs. (PN45, Ma joie) 

Avec Thérèse, ce n’est pas une joie exubérante ! En ce sens qu’elle ne parle pas d’une joie sentie… Thérèse nous parle de la joie à travers la souffrance.

Je crois que quand on s’oublie (dans le bon sens du terme, pas pour s’éliminer mais en faisant passer le Christ et l’autre avant nous) on trouve la vraie joie. Quand on est centré sur notre ego on ne peut pas avoir la joie, parce que ça rétrécit. Le travail de dépasser mon ptit ego pour m’ouvrir à un autre, surtout quand c’est le Seigneur, ça c’est la joie… Et la paix aussi d’ailleurs. Ca passe nécessairement par une forme de souffrance car travailler notre égo fait souffrir, c’est très dur, c’est un vrai travail, une lutte qui peut être très coûteuse.

DSC_0274_530x800Par exemple dans la liturgie notre sensibilité est des fois très atteinte ; ou dans la vie communautaire, supporter les autres est parfois très difficile, ou renoncer au fait d’avoir raison,… Thérèse, quand elle écrit « Ma joie », connait bien tous ses combats. Elle l’écrit en plus quand elle est déjà bien malade, et Dieu sait que sa maladie l’a faite souffrir terriblement. Mais en même temps elle vit tout cela dans cette joie, car à la fin de sa vie elle est arrivée à une grande liberté intérieure et une relation si forte avec Jésus. Son ego ne la retient  plus, elle est prête  voler, elle vole ! Ce qu’elle vit, sensiblement, c’est la souffrance, mais elle est profondément dans la joie, une joie non sentie. C’est comme l’amour de Jésus, on ne le sent pas forcément, ni son amour pour nous ni notre amour pour lui, c’est dans la foi que j’aime Jésus. Je crois donc que là où elle est quand elle écrit cette poésie, quand elle dit « la joie se trouve dans mon cœur », c’est un acte de foi.

Dès le début de sa vie religieuse et même avant, on voit ce travail de renoncement auquel s’est livré Thérèse, cette volonté d’aimer Jésus dans les toutes petites choses et tout le temps, cet amour extrême qu’elle a vécu et qui me bouleverse chez elle, cet amour inconditionnel pour Jésus, et cela me rejoint profondément.

Cette histoire d’amour que je désire vivre comme Thérèse, c’est entre deux personnes : moi et Jésus. En même temps je reçois sa grâce et en même temps, j’ai mes décisions, mes choix à faire, j’ai mon engagement dans ce cheminement là, Jésus ne fait pas tout tout seul. Est-ce que je veux aimer Jésus ou pas ? Ca se vit concrètement.

Une soeur carmélite

Pour lire le poème Ma Joie dans son entier, cliquez ici

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici.

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

DSC_0497_530x800Cette rose effeuillée, c'est la fidèle image, Divin Enfant

Du coeur qui veut pour toi s'immoler sans partage à chaque instant.

Seigneur, sur tes autels plus d'une fraîche rose aime à briller

Elle se donne à toi..... mais je rêve autre chose : «C'est m'effeuiller!...»

La rose en son éclat peut embellir ta fête, aimable Enfant,

Mais la rose effeuillée, simplement on la jette au gré du vent.

Une rose effeuillée sans recherche se donne pour n'être plus.

Comme elle avec bonheur à toi je m'abandonne, Petit Jésus. (PN51)

« S’immoler sans partage à chaque instant », cela se vit dans de toutes petites choses (rappelez vous ma tartine de beurre de la semaine dernière !) et là se trouve, je pense, le génie de Thérèse : car il ne peut pas y avoir de glorification dans des petites choses comme ça, car ce sont des bricoles. Mais des bricoles qui peuvent coûter ! Ca coûte parce que mon ptit ego à moi, il est attaché à ci, à ça… Mais c’est l’amour qui va donner du sens à ces petits renoncements. Il faut les vivre dans le sens que de cette mission apostolique que notre Mère Thérèse d’Avila nous a donnée dans les Constitutions : dans et pour l’Eglise. Les trois piliers que nous a transmis Thérèse d’Avila sont  la fraternité (l’amitié entre sœurs), l’humilité et le détachement. La petite Thérèse est vraiment une fille de Thérèse d’Avila dont elle a vraiment tout compris, c’est une vraie carmélite !

DSC_0550_530x800Le mot « immoler » peut gêner, tout dépend des sensibilités mais justement c’est fort. Et parfois le renoncement, on le vit très fortement dans notre cœur, Il y a des fois où ça peut être très dur et on peut le ressentir comme vraiment une immolation. Je crois que pour les renoncements,  le premier pas en particulier coûte beaucoup.

En ce moment, je vous avoue que je travaille au petit détachement suivant, une toute petite chose comme toujours : ne plus regarder systématiquement la page des sports dans le journal (je suis passionnée de sport !). Je fais ça non pour une intention particulière mais pour Jésus, et il s’en débrouille après. Ce qui compte bien sûr, ce n’est pas le sacrifice en lui-même (extérieurement, page de sport ou non, ça ne change pas la face du monde), c’est l’amour que je mets dedans. Je choisis des choses auxquelles mon petit ego est attaché, où il trouve un plaisir et auquel il est accroché. Plaisir qui en soit n’est pas mauvais, mais comment est-ce que je le vis, comment mon cœur y est-il attaché ? Suis-je vraiment libre par rapport à ça ou pas ? Je choisis mon petit ego ou je le choisis Lui, la liberté, la vie, car mon ptit ego est quand même drôlement centré sur lui-même : MON ptit beurre, MON ptit sport, MON ptit plaisir… Tout est retourné sur soi, je fais ce que je veux, comme je le sens, en tournant autour de mon petit nombril (et le monde dans lequel on est nous y encourage !) alors que le Seigneur nous appelle à plus que ça.

La rose effeuillée de Thérèse, c’est tout le contraire de cet enferment sur soi : on y voit Thérèse complètement abandonnée. Notez bien : ce n’est pas une rose mais une rose effeuillée. Une rose, c’est magnifique : la couleur, l’odeur, la forme,… Ca éblouit ! Mais là elle parle d’une rose effeuillée, et ça, ce n’est plus beau du tout ! Comme elle dit, on va marcher dessus, ça n’a plus de valeur… Alors c’est vrai qu’on pourrait dire aussi : on va s’effeuiller et n’être plus rien mais ce n’est pas ça que je sens dans ce texte, on reste une personne, un « je » en face du Seigneur. Quand Thérèse écrit « une rose effeuillée sans recherche se donne pour n’être plus, comme elle avec bonheur à toi je m’abandonne petit Jésus », je pense qu’il faut le lire dans le contexte où c’est écrit : Thérèse s’apprête à mourir, elle ne parle pas de suppression d’elle-même, mais d’abandon. Thérèse est cette rose qui s’est effeuillée toute sa vie pour le Christ et là elle arrive au bout, c’est l’abandon sans retour sur elle-même, et sans rien demander. Son amour est jusqu’au bout gratuit, ce n’est pas du donnant-donnant, c’est se donner comme Jésus s’est donné, car cette poésie, selon moi, est avant tout une description de ce qu’a vécu Jésus.

Une soeur carmélite

Pour lire le Poème Une rose Effeuillée en entier, cliquez ici

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici.

Chaque semaine, unce carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

DSC_0506_530x800Cette rose effeuillée, c'est la fidèle image, Divin Enfant

Du coeur qui veut pour toi s'immoler sans partage, à chaque instant.

Seigneur, sur tes autels plus d'une fraîche rose aime à briller

Elle se donne à toi..... mais je rêve autre chose :«C'est m'effeuiller!...»

La rose en son éclat peut embellir ta fête, aimable Enfant,

Mais la rose effeuillée, simplement on la jette au gré du vent.

Une rose effeuillée sans recherche se donne pour n'être plus.

Comme elle avec bonheur à toi je m'abandonne Petit Jésus. (PN51)

 Cette poésie, La Rose effeuillée, est pour moi la plus forte, celle qui me parle le plus. C’est pour ça que je l’ai chantée le jour de ma profession solennelle, ça avait beaucoup de sens pour moi. Ce texte rejoint ce que j’ai envie de vivre : j’y vois Thérèse qui s’y donne sans retour sur elle-même, vraiment donnée jusqu’au bout.

Plusieurs phrases m’y touchent particulièrement, comme celle-ci : « Cette rose effeuillée c’est la fidèle image, divin enfant, du cœur qui veut pour toi s’immoler sans partage, à chaque instant » Jusqu’au bout, sans partage, tout pour Lui, que pour Lui et à chaque instant ! Je trouve ça très fort ! Quand je lis ce passage, je pense beaucoup à Jésus car c’est ça ce qu’Il a vécu : ce don jusqu’au bout pour son Père et pour la vie du monde.

2_Rfectoire_2_800x460« S’immoler sans partage à chaque instant », voilà qui est difficile à vivre dans le quotidien ! C’est ce que je veux vivre, j’ai ce désir, et j’essaye de le vivre  dans les toutes petites choses : généralement, ces toutes petites choses (comme par exemple offrir le tout petit sacrifice de ne pas se resservir dans un plat apprécié pour l’amour de Jésus) ne se voient pas. C’est cet amour dans les petites choses que Thérèse a vécu : faire ces petits sacrifices qui ne se voient pas, et dont on ne peut donc se glorifier, c’est cet amour extraordinaire vécu dans les toutes petites choses qui me bouleverse chez elle.

Je vais vous donner un exemple qui va vous faire sourire : le matin j’ai renoncé à prendre du beurre sur ma tartine (alors que j’aime beaucoup le beurre), et ce petit renoncement je choisis de le faire par amour. Ces petits détachements, je ne les fais pas pour moi, ni pour une intention particulière car quelque part ça ne me regarde plus : avec eux, Jésus fait ce qu’il veut pour qui il veut. Quand je renonce au beurre, ce n’est pas pour être sainte, c’est pour aimer Jésus.

Une soeur carmélite

Pour lire le poème de la Rose effeuillée, en entier, cliquez ici

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici.

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

Je vous invite à aller lire la grande poésie de Thérèse, on pourrait dire le summum de toutes ses poésies : « Vivre d’amour » (PN17) Toutes les strophes sont magnifiques, c’est difficile de dire laquelle j’aime le mieux. Ce poème, c’est un peu mon programme de vie, j’essaie de vivre d’amour. J’aime bien la chanter dans mon atelier en travaillant à ma machine à coudre. J’essaie de rester unie à Jésus aussi comme ça, avec des paroles ou des textes de Thérèse.

En voici un extrait :

DSC_0267_800x715« Vivre d'Amour, c'est te garder Toi-Même

Verbe incréé, Parole de mon Dieu,

Ah ! tu le sais, Divin Jésus, je t'aime

L'Esprit d'Amour m'embrase de son feu

C'est en t'aimant que j'attire le Père

Mon faible coeur le garde sans retour.

O Trinité ! vous êtes Prisonnière

De mon Amour !..... »

Garder Jésus, c’est vivre avec lui tout simplement, on le garde dans son cœur. Au carmel nous avons la chance de le recevoir tous les matins à la messe, et nous essayons de passer toute notre journée avec lui, de le garder dans notre cœur comme un trésor, car c’est lui, notre trésor.

L’essentiel c’est de vivre d’amour où le bon Dieu nous veut. De ne rien lui refuser, de lui faire plaisir dans les petites choses : je ne fais pas de grandes choses, je ne fais pas de grands sacrifices ni de grandes pénitences, ce n’est pas ce que le Bon Dieu me demande. J’aime beaucoup cette phrase que  notre Seigneur répétait à Sainte Angèle de Foligno : « Mange, bois, dors, pourvu que tu m’aimes ! »

Une soeur carmélite

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

«  O ma Soeur chérie, je vous en prie, comprenez votre petite fille, comprenez que pour aimer Jésus, être sa victime d'amour, plus on est faible, sans désirs, ni vertus, plus on est propre aux opérations de cet Amour consumant et transformant... Le seul désir d'être victime suffit, mais il faut consentir à rester pauvre et sans force et voilà le difficile car «Le véritable pauvre d'esprit, où le trouver? il faut le chercher bien loin» a dit le psalmiste... Il ne dit pas qu'il faut le chercher parmi les grandes âmes, mais «bien loin», c'est-à-dire dans la bassesse, dans le néant... Ah ! restons donc bien loin de tout ce qui brille, aimons notre petitesse, aimons à ne rien sentir, alors nous serons pauvres d'esprit et Jésus viendra nous chercher, si loin que nous soyons il nous transformera en flammes d'amour... Oh ! que je voudrais pouvoir vous faire comprendre ce que je sens !... C'est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l'Amour... » (LT197)

Profession_MP_Philippe_297_800x532Ces phrases-là de Thérèse, j’y pense souvent. Si on accepte sa petitesse, si on reconnait sa pauvreté et qu’on reste dans l’humilité (c’est l’humilité et la charité qui sont les plus importants, pour Dieu et pour nous) alors on reconnait son néant. Si on le reconnait, on trouve la paix. Maintenant, à mon âge, j’ai passé toutes les grandes difficultés : je suis passée par la nuit, la maladie,… et maintenant je vis dans la paix, parce que je vis dans l’amour et dans l’acceptation de ma petitesse. J’ai demandé au Seigneur quand j’étais jeune la grâce de rester petite et je crois que le bon Dieu m’a exaucé dans le fait que je n’ai pas eu de responsabilité dans la communauté. Si j’avais eu des responsabilités, peut-être m’en serais-je enorgueillie, tandis que là je ne suis rien dans la communauté, je me sens la dernière et ça me donne la paix, la joie et je ne cherche rien d’autre. Je trouve la joie dans mon travail, dans la communauté, j’aime tout le monde.

Thérèse, elle est toujours restée petite : la dernière de sa famille, la plus jeune de la communauté, elle n’a jamais été capitulante,… Elle en a fait sa joie et ça a fait sa grandeur. Je me dis que Dieu, en Jésus, s’est fait petit enfant, le plus petit alors qu’il est Dieu tout-puissant, je me dis que si Dieu a voulu ça pour son Fils, être parmi les petits, s’abaisser, alors c’est qu’Il veut qu’on l’imite… Jean de la Croix a écrit dans une poésie : « Tant tant je m’abaissais que si haut si haut j’allais, que j’atteignis ce que je chassais. » Ce qu’Il voulait, il l’a atteint mais il fallait pour cela s’abaisser. Si Dieu s’est abaissé en un petit enfant, et puis dans sa Passion, où il est dit « comme un ver », « défiguré » alors, je l’ai compris en lisant Thérèse, il faut s’abaisser, pour être grand aux yeux de Dieu il faut devenir petit.

Le-Pape-Jean-Paul-IIThérèse dit qu’on peut rester petit même dans les responsabilités les plus grandes, je pense en particulier à Jean-Paul II qui avait la plus haute responsabilité dans l’Eglise mais je pense qu’aux yeux de Dieu il se sentait petit. Plus les tâches sont grandes, et plus on doit se sentir incapables, la tâche est au-dessus de nos forces. Si j’avais été prieure, je m’en serais sentie incapable : il faut reconnaître son incapacité pour remettre tout à Dieu dans la confiance et l’abandon : « Seigneur, je me sens incapable de faire cela, je te laisse faire ».

Je prie beaucoup pour les vocations, et pour les vocations dans notre monastère : cette année j’ai demandé à Dieu que cinq jeunes se présentent (il en faut bien 5 pour qu’il en reste 2 !), finalement je n’ai pas eu ces deux entrées que j’espérais mais je pensais ces jours-ci qu’il fallait s’abandonner, que le bon Dieu sait mieux que nous. Il  faut demander, puisque Jésus a dit de prier le Père d’envoyer des ouvriers pour la moisson et donc je le fais, mais pour le résultat, il n’y a qu’à s’abandonner et faire confiance, car Il sait bien mieux que nous ce qu’il nous faut.

Une soeur carmélite

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

Il y a un texte que j’aime beaucoup, c’est la poésie « Ma joie »(PN 45). Toutes les strophes sont magnifiques, et j’aime tant le dernier verset : « Jésus ma joie c’est de t’aimer ». La dernière strophe me parle particulièrement :

Profession_MP_Philippe_050_533x800«Longtemps encor je veux bien vivre

Seigneur, si c'est là ton désir

Dans le Ciel je voudrais te suivre

Si cela te faisait plaisir.

L'amour, ce feu de la Patrie

Ne cesse de me consumer

Que me font la mort ou la vie?

Jésus, ma joie, c'est de t'aimer!»

Moi, je voudrais bien mourir aussi, mourir pour être avec Jésus, pour être dans l’amour, pour être sûre de ne plus l’offenser, de ne plus pécher, pour être avec Jésus !!! Je lui ai donné ma vie, mais quand je serai au Ciel, enfin, je le verrai. Comme le dit Thérèse d’Avila : « Je veux voir Dieu » !

Thérèse précise : « Si cela te faisait plaisir ». C’est si important, j’essaie de faire plaisir à Jésus dans tout ce que je fais.

Il ne faut pas oublier non plus que quand elle écrit ça, Thérèse était déjà dans la nuit de la foi. Comme elle dit, elle « chante ce qu’elle veut croire ».

J’aime aussi beaucoup cette strophe :

DSC_0279_530x800« Ma joie, c'est de rester petite

Aussi quand je tombe en chemin

Je puis me relever bien vite

Et Jésus me prend par la main

Alors le comblant de caresses

Je Lui dis qu'Il est tout pour moi

Et je redouble de tendresses

Lorsqu'Il se dérobe à ma foi. »

Du jour où Thérèse m’a fait comprendre cela, j’ai voulu rester petite, et j’ai demandé à Jésus cette grâce de rester petite. Etre petite, ça veut dire être cachée ; je me sens petite, je n’ai pas de don intellectuel, je n’ai pas fait d’études, je n’ai jamais exercé une responsabilité dans la communauté, mais j’essaie de vivre d’amour. Je serai jugée sur l’amour, pas sur mes capacités intellectuelles. Je suis là pour aimer.

Comme Thérèse, je tombe souvent : quand j’ai fait une imperfection, quand par exemple j’ai montré de la mauvaise humeur, tout-de-suite je me le reproche et je demande pardon à Jésus. Je n’attends pas la confession ou quinze jours après, tout-de-suite je me retourne vers lui et je sens que je suis pardonnée, que, comme le dit Thérèse, il me prend par la main et me relève.

Une soeur carmélite

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

DSC_0234_530x800« Oui j'ai trouvé ma place dans l'Eglise et cette place, ô mon Dieu, c'est vous qui me l'avez donnée... dans le Coeur de l'Eglise, ma Mère, je serai l'Amour... ainsi je serai tout... ainsi mon rêve sera réalisé !!!... » (Histoire d’une âme, MsB, 3v)

Voilà vraiment le cœur du message de Thérèse : être l’amour au cœur de l’Eglise. Quand on essaye de l’être même à sa petite mesure, on est au cœur de l’Eglise. Etre l’amour au cœur de l’Eglise, ça se vit dans le quotidien : mon travail c’est la couture, et bien devant ma machine à coudre souvent je chante dans ma tête « Vivre d’amour » ; vivre d’amour ce n’est pas, comme dit Thérèse, être toujours sur le Thabor (le lieu de la Transfiguration), c’est vivre le quotidien avec les difficultés de la vie communautaire, la fatigue. Je suis vieille maintenant, et fatiguée, mais je tiens, je continue, car je fais mon travail par amour. Et dans mon travail je prie presqu’autant qu’à l’oraison, si ce n’est plus ! Quelques fois parce que  par exemple, si je n’arrive pas à enfiler mon aiguille, et bien je prie les parents Martin : Mme Martin qui a eu tellement de problèmes avec sa dentelle, M. Martin qui l’a aidée, je les prie, je leur dis « allez un petit miracle » et puis ça vient, j’y arrive. Ce sont des petites choses minuscules, mais j’essaye de prier dans mon travail. Bien sûr il faut que je me concentre dessus pour ne pas faire de bêtises mais cela ne m’empêche pas de prier.

Photo_marie_024_800x600Chaque jour je choisis une intention particulière à porter dans ma prière. Par exemple, il y a quelques jours c’était la fête de ma sœur, alors j’ai offert ma journée pour elle ; le plus souvent, j’aime offrir ma journée pour les vocations ou pour les prêtres. Chaque matin, à l’oraison, je fais une neuvaine aux parents Martin pour toutes les intentions qui me sont confiées, et une neuvaine à Thérèse pour toutes les personnes qui nous en demandent ; et pendant l’action de grâce à la fin de la messe, je dis la prière de JPII pour les vocations.

Dieu est amour, tous ceux qui vivent d’amour vivent de Dieu. Dieu a besoin de nous, Il se sert de nous pour sauver les autres. Toutes les personnes, qu’elles soient prêtres, laïques, religieuses, si elles vivent d’amour, elles vivent au cœur de l’Eglise, au cœur de Dieu. Nous, carmélites, y sommes particulièrement vouées, on pourrait dire que notre vocation c’est l’amour.

Une soeur carmélite

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici

Chaque semaine une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

DSC_0219_530x800« Ah ! malgré ma petitesse, je voudrais éclairer les âmes comme les Prophètes, les Docteurs, j'ai la vocation d'être Apôtre... je voudrais parcourir la terre, prêcher ton nom et planter sur le sol infidèle ta Croix glorieuse, mais, ô mon Bien-Aimé, une seule mission ne me suffirait pas, je voudrais en même temps annoncer l'Evangile dans les cinq parties du monde et jusque dans les îles les plus reculées... Je voudrais être missionnaire non seulement pendant quelques années, mais je voudrais l'avoir été depuis la création du monde et l'être jusqu'à la consommation des siècles... Mais je voudrais par-dessus tout, ô mon Bien-Aimé Sauveur, je voudrais verser mon sang pour toi jusqu'à la dernière goutte... » (Histoire d’une âme, MsB3r)


Je ne peux vous mettre en entier tout ce magnifique passage de Thérèse, que je vous encourage à relire : on y trouve tous ses grands désirs, et c’est ce qui me touche. Bon, ceci dit, quand elle explique qu’elle veut tous les martyrs, comme par exemple être brûlée comme Sainte Jeanne d’Arc, moi ça me fait peur, le feu comme l’huile bouillante (rire). Mais quand elle dit qu’elle veut être prêtre, Docteur, missionnaire… Toujours je me suis dit que si j’avais été un garçon, j’aurais été prêtre. Mais je suis une femme, et le bon Dieu a quand même bien fait les choses, parce que quand on est carmélite, on l’est pour les prêtres, et on est missionnaire par la prière, le désir et l’amour.

Monastre_arien_rogneIl est beau de voir que le désir de Thérèse de parcourir tous les continents a aussi été exaucé, par le passage de ses reliques mais aussi aujourd’hui par internet !

Jésus entend tous nos désirs et il les connait, il les exauce, j’en ai bien souvent fait l’expérience dans ma vie. Dans ma jeunesse, j’étais entrée au carmel de Reims, et pendant les trente-deux ans que j’y ai passés, j’ai désiré pouvoir me rendre en pèlerinage au carmel de Lisieux. Maintenant je suis exaucée au-delà de mes espérances, car non seulement j’y suis venue mais désormais j’y vis et fais partie intégrante de la communauté ! Au carmel de Lisieux, je me sens au cœur de l’Eglise. Et je me dis : c’était un grand désir pour moi, mais en soi, un petit désir, et le bon Dieu l’a exaucé au-delà de toutes mes espérances, alors je crois qu’il fera pareil pour les grands désirs. Alors mes désirs d’être prêtre, missionnaire, ils sont exaucés. Mais c’est dans la foi, car on ne voit pas ce que l’on fait, on ne fait que des petites choses mais si on les fait par amour, ça a un retentissement dans l’Eglise. Dieu connait notre cœur, Il voit nos désirs, et il les exauce.

Une soeur carmélite

Pour lire tout le passage du Manuscrit B, cliquez ici

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici

Chaque semaine, une carmélite de Lisieux nous partage comment elle vit une phrase de Thérèse.

1927-th-patronne-missions-85x132Sœur Marie du Sacré Cœur rencontre Thérèse, alors déjà très malade, marchant péniblement dans le cloître, à bout de force. « Vous feriez bien mieux, lui dit-elle, de vous reposer, cette promenade ne peut vous faire aucun bien dans de pareilles conditions : vous vous épuisez et c’est tout. » Thérèse répond : « C’est vrai, mais savez-vous ce qui me donne des forces ? Eh bien, je marche pour un missionnaire. Je pense que là-bas, bien loin, l’un d’eux est peut-être épuisé dans ses courses apostoliques, et, pour diminuer ses fatigues, j’offre les miennes au bon Dieu. » (DE Marie du Sacré Cœur, mai)

J’aime surtout cette phrase : « Je marche pour un missionnaire. » Cette parole de Thérèse me dit qu’en quelque lieu où je me trouve, quel que soit mon état, je peux exercer ma vie missionnaire de chrétienne baptisée. Thérèse n’a pas choisi d’être malade ; elle a accueilli cet évènement dans sa vie en lui donnant un sens. Elle a vécu à fond sa maladie, un peu comme Jésus a vécu à fond sa Passion qu’il n’avait pas choisie.

Pour moi donc, donner un sens à ce que je vis, habiter mes actions, en garder la maîtrise, cela peut tellement changer l’ambiance de mes journées, de mes attitudes, de mes relations, et par-là de mon milieu. Peu importe mon activité : balayer, faire la cuisine, soigner un malade, être à la maison, au bureau, en usine ou sur un toit, au champ, à l’école, ou à la prière, je suis toujours libre de lui donner un sens. Thérèse marchait pour un missionnaire ; pour moi, ce peut être pour ma sœur, ma communauté, un ami dans le pétrin, un prêtre en difficulté et aussi bien sûr un missionnaire en Afrique ou ailleurs !

S1020107Deux petits exemples : ce matin, le temps est gris. Pas de soleil, je n’ai pas bien dormi. Il me faut balayer le cloître. Je pourrais repousser à demain mais je me dis : voilà une occasion où je peux peut-être aider une maman qui revient du travail, fatiguée et qui doit accueillir ses enfants qui reviennent de l’école, préparer le repas du soir. Alors ça me dynamise, et au balai !

Pour rejoindre les habitants de Côte d’Ivoire alors en guerre, j’ai appris le « Je vous salue Marie » et le « Notre Père » en langue autochtone. J’en ai mis du temps pour les apprendre ! Je priais tous les jours en cette langue pour rejoindre les gens qui souffraient là-bas, et je continue.

Chacun peu ainsi dans sa vie saisir les occasions qui se présentent et leur donner un sens, comme l’a fait Thérèse.

 Une soeur carmélite

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit une phrase de Thérèse.

« Ce n’est plus un voile pour moi, c’est un mur qui s’élève jusqu’aux cieux et couvre le firmament étoilé… Lorsque je chante le bonheur du Ciel, l’éternelle possession de Dieu, je n’en ressens aucune joie car je chante simplement ce que je veux croire» (MsC, 7v)

DSC_0127_800x515Ces paroles de Thérèse me touchent profondément. Pas tellement dans mon être même – je ne suis pas dans l’épreuve de la foi où se trouvait Thérèse, donc je ne peux pas dire que je vis ce qu’elle a vécu – mais ça me touche vraiment quand même. Cela me fait penser à Mme de Sévigné qui écrivait à sa fille alors malade : « J’ai mal à votre ventre ». Car quand je vois l’indifférence, l’incroyance dans lesquelles vivent beaucoup de nos contemporains, oui, je peux dire que j’ai mal quelque part, car eux aussi ont mal. Dans ce texte je vois Thérèse qui rejoint encore aujourd’hui ce monde en mal de sens, ce monde qui cherche, qui tâtonne et qui marche sans savoir vers où, vers qui. Ce monde qui s’accroche à des petits bonheurs qui s’effritent, et  qui trouve ridicule ou inconcevable l’idée qu’il existe un Grand Bonheur qui dure. Et pourtant…Bien sûr, ce Grand Bonheur, on ne le possède pas entièrement sur terre mais on l’entrevoit, on « l’entresent », on le vit dans l’espérance et il nous fait vivre. Il nous attire ce Bonheur qui est Dieu, Dieu de joie et d’amour, de vie, de paix,…

DSC_0406_800x530Ma foi catholique m’a été donnée par Dieu à mon baptême : petite semence qui a germé dans le terreau de ma famille, de mon milieu, de mon époque. Puis vint un temps où je l’ai « prise en main »pour la cultiver, l’aider à grandir, la protéger. Car la foi au fond, c’est un peu comme la vie, ce n’est pas un long fleuve tranquille. Il arrive des turbulences, des jours où il fait plus sombre, alors des doutes surgissent mais « si Dieu voit une fourmi noire sur une pierre noire dans la nuit noire », et bien alors moi je peux dire que Dieu est là quand même. Donc je dois penser que Dieu est toujours là, près de moi, en moi, et je dois alors m’accrocher à la prière, et un peu comme ce papa dans l’Evangile, supplier : « Seigneur viens en aide à mon manque de foi ». Ma foi reste donc un combat spirituel, et c’est même par là qu’elle va s’affermir, grandir comme la fleur des champs à la merci du vent, de la pluie et du soleil. C’est un trésor qui m’est confié comme un talent, je dois la faire fructifier et pour cela je dois en prendre soin comme d’une plante : arracher l’herbe qui l’entoure, aérer la terre, l’arroser, peut-être lui mettre un support. Pour moi ce sera par la prière, l’étude, la formation spirituelle, théologique.

DSC_0155_800x530Et puis ma foi grandit aussi en la partageant, en recevant le témoignage de l’autre et en donnant le mien. Je vous en donnerai deux exemples qui m’ont frappée. Avant d’être carmélite, j’étais missionnaire en Afrique. Après mon travail, j’allais donner des cours de catéchisme à des jeunes de treize-quatorze ans qui n’étaient pas baptisés. Je finissais toujours les cours par un temps de prière spontanée. Un soir, l’un d’entre eux y dit du fond de son cœur : « Mon Dieu, tu es mon Père, tu es ma Mère. » J’ai été soufflée, jamais moi je n’avais dit ça. Même si c’est une chose que je sais, l’entendre dire d’un enfant qui n’est même pas baptisé, c’était vraiment l’Esprit Saint. C’est un témoignage qui a fait grandir ma foi. A contrario, quand j’étais jeune je me promenais souvent en campagne sur une route peu passagère où se trouvait un beau calvaire ; je m’y arrêtais toujours deux minutes pour faire une prière, avec un beau signe de croix mais ce jour-là, une personne arriva vers moi et je n’osais m’arrêter, et voilà un témoignage manqué. Donc mon témoignage peut porter du fruit, ou il peut ne pas exister. Il faut toujours être en éveil. Une petite chose pour finir : n’oublions pas que c’est Dieu qui va permettre de porter des fruits de liberté, de lumière, de vérité, de joie, d’amour, mais… si je fais ce que je peux de mon côté !

Une soeur carmélite

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici.

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

« Vivre d’amour ce n’est pas sur la terre fixer sa tente au sommet du Thabor, avec Jésus, c’est gravir le calvaire, c’est regarder la croix comme un trésor. » (PN17)

DSC_0163_530x800Donner sa vie à Jésus (et ce n’est pas réservé aux carmélites !), c'est participer à son mystère pascal. Le oui à Jésus emmène sur des chemins où on rencontre la croix. Il n’y a pas de vie chrétienne sans qu'à un moment ou un autre, on ne porte pas un petit bout de la croix de Jésus. Ca peut être une croix personnelle, ça peut être de vivre plus intensément des souffrances du monde.

Je me souviendrai toujours de ma première année au carmel où la nuit, je vivais vraiment une prière avec les gens qui étaient en détresse, avec ceux  qui étaient dans les hôpitaux, qui ne pouvaient pas dormir, et ça me passait vraiment dans les tripes.Quand notre cœur s’ouvre à Dieu, il y a comme un retentissement en nous des souffrances du monde.

Je crois que cette manière de porter la croix est inscrite dans l’Ordre du Carmel ça, dans la prière carmélitaine. Thérèse d’Avila a réformé le carmel pour sauver les âmes. C’est ce qui l’a amenée à offrir sa vie jusqu’au bout. Elle a choisi un chemin de prière et de pauvreté radical pour porter le monde, et on retrouve la même inspiration chez Thérèse de Lisieux, c’est vraiment très carmélitain.

Toute souffrance qui atteint l’homme m’atteint moi et elle m’atteint tellement profondément que je participe à la croix du Christ. Comment vivre que des pays soient en guerre et que moi je vais me disputer avec une sœur ? Je ne peux pas ne pas faire le lien. Il y a de la violence quelque part et moi j’ai de la violence en moi. Oh  il n’y a pas d’arme, pas de sang mais quelque part je particcette violence dans le monde. L’amour de Jésus fait que tout ça prend une ampleur très grande, et grandit en moile désir de faire tout monpossible pour porter cette croix avec Jésus.

9b1f45a1Regarder la croix comme un trésor, c’est ne pas chercher à y échapper. Bien sûr, c’est un chemin de toute une vie. Je voudrais donner sa vie jusqu’au martyre mais il suffit que j'ai un petit peu mal pour baisser les bras… Ces petites souffrances, on peut les supporter assez facilement mais il faut aller plus profond que ça : il y a une manière de vivre ces petites souffrances qui est une adhésion à quelque chose de beaucoup plus grand que nous. Cette petite souffrance peut nous amener à nous réintérioriser, à nous remettre face à Dieu et à penser à tous ces gens qui souffrent, non pas pour dévaloriser la souffrance qu’on vit, mais pour nous remettre en mémoire d’autres souffrances, penser à ce monde d’aujourd’hui où des gens en France n’ont pas entendu parler du nom de Jésus. C’est quelque chose ! Dieu a les bras ouvert, Dieu attend et on ne répond pas, moi je ne peux pas ne pas m’associer à cette souffrance de Dieu qui attend.

Quelqu'un de ma famille s’est suicidé. Quelques temps après sa sœur, qui est très croyante, m’a confié à quel point elle était démontée parce qu’elle se disait que son frère devait être damné. Je lui ai répondu sans réfléchir : si je suis au carmel, c’est que pour pas une seule âme ne soit en enfer. J’attendrai le temps qu’il faudra, mais tant qu’il y aura une âme en enfer moi je ne serai pas au paradis, je ne serai pas tranquille. Je me suis écoutée dire ça complètement éberluée car je n’y avais pas pensé avant mais je me suis dit c’est ça, et Dieu est comme ça. On parle beaucoup de l’enfer, et oui, il existe, mais la seule chose qu’on ne sait pas c’est s’il y a quelqu’un dedans. Je ne peux pas imaginer Dieu, avec son amour infini, se contenter des gens qui sont au paradis et ne pas attendre ceux qui sont en enfer. Il y a peut-être des gens qui refuseront Dieu et Dieu ne peut pas aller contre cette liberté là mais il peut attendre, une attente infinie jusqu’au bout. Je crois que quand on vit ça il y a des entrailles qui s’approchent de la croix et qui acceptent la croix.Je balbutie, ce n'est pas de la théologie mais des mots que m'inspire l'amour si grand que Dieu me découvre.

DSC_0517_530x800Et là, la croix devient un trésor parce que la croix devient le salut de mon frère, ce n’est pas rien ! Jésus est mort sur la croix pour sauver TOUS les hommes, pas seulement les chrétiens, tous les hommes, les musulmans, les athées, les blancs, les noirs, les rouges, les verts, tous, tous, tous ! Ce que Jésus peut en faire de mon acceptation de la petite croix que je vis, c’est un trésor ! Si j’ouvre mon cœur assez grand pour que Jésus puisse vivre sa croix en moi, c’est Jésus qui porte la croix comme un trésor en moi, c’est le trésor de Jésus qui est déposé en moi. Peu importe que je le sente ou que je ne le sente pas. Mais quand tu ouvres cet espace à Jésus, c’est tout son mystère qui rentre en toi.

Je me souviens, six mois avant ma profession solennelle, je suis tombée sur une phrase dans un bouquin : « Je te confie ma croix, porte la. » C’était comme si Jésus me parlait, cette phrase était pour moi. J’ai dit oui et peu après il m’est arrivé une très grosse épreuve familiale, la seule que je n’aurai pas voulu choisir. Alors j’ai dit : « Jésus, tu m’as confié une croix et je la porte, avec toi ! ».

Mais on ne porte alors pas les choses de la même façon : quand on porte la croix comme un trésor, ça ne veut pas dire qu’on ne voudrait pas que les choses ne soient pas autrement, ça ne veut pas dire qu’on n’a pas les entrailles complètement à l’envers, qu’on ne pleure pas toutes les larmes de son corps, qu’on n’essaye pas tout ce qu’on peut faire pour sortir de la situation ; ça veut simplement dire qu’à travers tout ça, on laisse Jésus nous prendre par la main pour faire ce passage, on lâche prise en profondeur.

Une soeur carmélite

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

« Plus tu seras pauvre, plus Jésus t’aimera, Il ira loin, bien loin pour te chercher. » (LT211)

DSC_0564_800x530Cette phrase je la comprends aujourd’hui d’une façon tout-à-fait différente de la façon dont je la comprenais autrefois. Au début de ma vie religieuse, « plus tu seras pauvre, plus Jésus t’aimera », je le traduisais : je vais me dépouiller, c’est-à-dire je vais lâcher tout ce qui faisait ma vie autrefois avant d’entrer au carmel et puis Jésus m’aimera. Mais aujourd’hui, je la comprends autrement : « plus tu seras pauvre », ça veut dire : plus tu accepteras qui tu es sans jugement positif, négatif, plus tu seras réconciliée avec ce que tu es, plus tu seras dans l’action de grâce que Dieu t’ait faite comme ça, moins il y aura la question de l’apparence, du bouclier que tu mets devant soi pour te protéger des difficultés, des souffrances, du monde, alors plus tu laisseras Jésus t’aimer. Jésus m’a créée, Il m’aime comme ça, Il m’a choisie. Je ne dis pas ça parce que je suis carmélite, c’est vrai pour n’importe quel être humain.

Je crois que la pauvreté c’est d’en arriver à l’humilité. L’humilité ce n’est pas de dire : je ne suis pas capable de…, je suis une pauvre personne ; l’humilité, c’est de se prendre comme on est, sans jugement sur soi, avec ses qualités comme ses défauts. Et là il y a forcément une ouverture puisqu’on n’est plus enfermé par le regard des autres, ou même de nous-mêmes, sur ce que l’on est ou voudrait être. On n’est plus dans ça, donc il y a une ouverture qui se fait sans même qu’on s’en aperçoive et qui permet de donner un espace à Jésus pour venir nous aimer. Jésus, lui, est tout le temps en train de nous aimer mais le problème c’est : est-ce que je vais me laisser aimer, est-ce que je vais le laisser rentrer ou non ?

Profession_MP_Philippe_330_532x800Autrefois, j’aurais bien fait comme dans la petite histoire de la personne qui ne veut pas laisser Jésus rentrer dans sa maison sous prétexte qu’elle est mal rangée : je voulais commencer par ranger, par me dépouiller, pour que Jésus entre dans un truc complètement vide où je lui aurais fait de la place. Mais non, ce n’est pas ça, c’est lui qui va faire sa place. Il ne va pas rentrer dans la place que je lui aurai préparée, mais dans la place qu’il a préparée en moi de toute éternité et qui ne demande qu’à s’ouvrir.

Concrètement, comment en arriver à cette pauvreté là ? Il y a une vieille histoire sur un père du désert qui priait Dieu de le faire grandir dans l’humilité. Et sa journée s’est passée de façon infernale : il n’a eu que des problèmes avec ses frères, son travail était raté,… Alors à la fin de la journée il demande : mais Dieu où étais-tu ? Et Dieu lui répond : tu m’as demandé l’humilité, alors je t’ai envoyé des humiliations. Il n’y a une chose qui fait grandir en humilité, c’est justement les coups qu’on prend sur le personnage qu’on s’est fabriqué et qui n’est pas le véritable moi.

Par exemple, j’ai tendance à me mettre en colère quand je ne comprends pas une sœur ou qu’elle ne me comprend pas. Avant, je vivais ça mal, maintenant je me dis : je ne suis pas guérie de cette tendance, ce qui est de ma responsabilité c’est d’aller demander pardon à la sœur si j’ai été un peu brutale et puis de ne pas me juger moi-même, d’accepter que je sois encore tombée, et le remettre à Dieu. Et puis c’est ter-mi-né, on n’en parle plus. Le lendemain, je ne vais pas me redire : qu’est-ce que j’ai été nulle hier ! Il me faut m'appuyer sur la miséricorde infinie de Jésus qui noie tout cela.

C’est vrai aussi dans l’autre sens : je suis douée pour certaines choses, tant mieux. Si on me les demande, je ne vais pas en faire un complexe. L’humilité n’est pas de voir les choses qu’en négatif, il faut voir aussi ce qui est positif : c’est bien, j’ai pu rendre service à la communauté parce que Dieu a mis un talent en moi. Et bien j'en rend grâce, ça rejaillit sur la communauté, tant mieux.

DSC_0130b_800x530« Plus Jésus t’aimera », ce n’est pas donc parce que moi j’ai fait l’effort de me dépouiller. Jésus attend simplement que je laisse déployer en moi son amour qu’il a déjà mis en graine, en germe et qui attend un peu d’air, d’espace.

« Il ira loin, très loin pour te chercher » : même si je lui ferme la porte complètement, Jésus trouvera le moyen de passer, même si je suis hyper bouclée, même si je ne veux pas, Il y arrive. Par expérience, je sais qu’il y a des moments dans la vie où il y a un craquement, une fêlure. C’est pour ça que les gens découvrent Dieu souvent au moment des deuils, des maladies. Des athées disent qu’on se tourne vers Dieu quand on a un problème, mais ce n’est pas ça : dans ces moments-là il y a quelque chose de notre armure qui est affronté aux questions de sens les plus importantes de notre existence. Et alors quelque part il y a une ouverture qui se fait et Dieu en profite. Il était déjà là mais il entre par la faille. Comme un bon chirurgien, il répare ce qui est abîmé, meurtri... il ouvre un espace où je peux le découvrir... un espace rempli de paix, de joie et d'amour qu'il veut combler pour mon bonheur.

Une carmélite

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

« Je chante ce que je veux croire. » (Parole de Thérèse rapportée par sr Marie de la Trinité au Procès de Béatification)

DSC_0243_530x800Au début de la vie spirituelle, on vit souvent sa foi dans le sensible, puis tout ça se tasse et vient un moment où on ne « sent » plus rien. Avec le temps, je me suis rendu compte que la foi n’est pas simplement quelque chose qu’on reçoit. C’est aussi une réponse et  une décision. Thérèse écrit bien : je chante ce que je veux croire. La foi commence quand je ne vois plus rien, quand je ne comprends plus rien, quand c’est le brouillard, la nuit : à ce moment-là je suis ramenée véritablement à la foi. Saint Paul  dit : « Mais c'est en espérance que nous sommes sauvés. Or, voir ce qu'on espère, ce n'est plus espérer : car ce qu'on voit, pourquoi l'espérer encore? Mais si nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l'attendons avec patience. » (Rm8, 24-25) Si vous avez des grâces sensibles, tant mieux ! mais ce n’est pas ce qui est important. Ce qui compte n’est pas ce qu’on sent, mais de croire que Dieu est là. Il y a un moment où il faut décider de croire, et tout l’acte de foi réside dans cette décision, voilà ce que j'ai découvert au bout de quelques années.

Comment cela se vit-il dans le quotidien ? Dans le quotidien, c’est presque à chaque instant qu’on est amené à décider, à choisir : est-ce que je choisis la rencontre avec ma sœur ou est-ce que je choisis de rester encapuchonnée pour ne pas être dérangée ? Est-ce que je vais à l’oraison, alors que juste à ce moment-là se présente autre chose à faire ? Ou au contraire, il y a une sœur qui me dérange à l’heure de la prière, est-ce que je donne la priorité à la règle ou à la charité ? C’est tous les jours, tout le temps ces choix-là ! Des difficultés dans ma foi, des difficultés familiales, au travail : comment je réagis, comment je vais porter ça ?Est-ce que je vais accepter de les accueillir en présence de Dieu ou est-ce que je vais essayer de me débrouiller par moi-même ? La foi est une manière de vivre le quotidien.

Plus profondément, il y a un moment où radicalement on est appelé à décider. Je pense à des gens qui vivent en couple, un jour ils ont à faire le deuil du conjoint rêvé pour avoir en face d’eux le conjoint réel et ensuite, ils ont à décider tous les matins de dire oui à ce conjoint tel qu’il est avec ses défauts, ses limites, ses qualités aussi. C’est décider de construire cet amour, de le mettre au premier plan. Avec Dieu c’est pareil, c’est décider de ne pas lâcher ce sur quoi on a fondé sa vie, parce que si on ne le décide pas, alors s’installent des petits non qui deviennent progressivement une tiédeur qui n’est pas une absence de Dieu mais une absence de nous-mêmes. Au quotidien la décision de croire repose sur les décisions de croire précédentes qui sont toujours à renouveler.

DSC_0662_800x530De petits actes de foi en petits actes de foi notre foi se construit, c’est vraiment le terme, elle se consolide, et comme dans la parabole de la maison construite sur le roc, elle est moins fragile aux à-coups. Dans la vie il y a des à-coups, des souffrances familiales, des moments de déprime, de tristesse, et bien on les traverse beaucoup plus facilement quand notre vie est vraiment ancrée très profondément dans la foi choisie au quotidien.

L’apport d’un chrétien un peu confirmé par rapport à un nouveau converti, ce n’est pas de faire croire au nouveau converti que sa vie va être rose mais c’est, au moment où il va se rendre compte que le fait d’être chrétien n’enlève pas tous les problèmes de la vie, de lui témoigner que d’autres ont passé, que d’autres ont traversé, que lui aussi va pouvoir traverser, que le Seigneur sera là. Nous sommes des témoins de ces passages réussis de l’autre côté du gouffre où le Seigneur a été présent.

Je crois que si j’aime cette phrase de Thérèse, c’est pour moi mais aussi en pensant à tous ces gens qui vivent des choses humainement impossibles. Je pense à Anne-Dauphine Julliand (auteur du livre Les petits pas dans le sable mouillé) qui dit, quand elle apprend que sa petite fille est malade, « tu ne vas pas avoir une longue vie mais on va ajouter de la vie à tes jours ». Je crois qu’ancrer sa foi dans « je chante ce que je veux croire », c’est ça. C’est donner à Dieu la capacité de faire grandir la vie en nous, à travers toutes nos épreuves, toutes nos joies.

Une soeur carmélite

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

« Tu le sais, ô mon Dieu ! pour t’aimer sur la terre, je n’ai rien qu’aujourd’hui !...» (PN5)

Je suis quelqu’un qui apprécie d’anticiper, de réfléchir à l’avenir, de relire son passé. Intellectuellement c’est une bonne chose qui m’apporte beaucoup mais l’expérience spirituelle me montre que pour aimer Jésus, je n’ai rien qu’aujourd’hui. Le seul moment sur lequel j’ai une prise, c’est maintenant.

Profession_MP_Philippe_293_800x532Dans les moments difficiles de ma vie, je me suis rendu compte que le présent a une force incroyable. Si j'ai vraiment la foi que Dieu est là, si je décide de le croire, tout est possible dans l’instant présent. Dieu nous ouvre les bras, et il suffit de s’y jeter. C’est un jeu que tous les papas font avec leurs enfants : l’enfant est sur une table et il se jette dans les bras du papa qui le rattrape. Un enfant, il fait ça naturellement, il ne se pose pas la question de savoir si son père va arriver à le rattraper. Nous, on est tout le temps en train de se dire : attention, si je lâche à gauche et si je lâche à droite, qu’est-ce qui va se passer ??? L’enfant, lui, il lâche ! Et bien nous avons à redevenir comme ces petits enfants qui ont tellement de confiance dans leur père qu’ils se lâchent littéralement.

Concrètement, comment le vivre ? Par exemple, je suis devant mon ordinateur en train de travailler, qu’est-ce qui m’empêche de lâcher le clavier deux secondes et de me poser en Dieu ? Mais il y a en nous quelque chose qui dit : pas tout-de-suite, je vais perdre du temps, je finis ça,… mais c’est faux, c’est faux ! Le présent n’a pas de durée donc il n’empêche rien. Si je n’aime pas Jésus maintenant, il n’y a pas de raison que je l’aime dans un instant, dans une minute ou dans une heure. Il faut que j’ajoute de la vie à l’instant que je vis ! Ce n’est pas demain !

travaux040_1Ni hier : on a eu des enfances plus ou moins difficiles, il y a des blessures qui se sont accumulées dans nos vies, on a plein de raisons de regarder tout ça avec les conséquences que ça a dans notre vie et d’être dans le regret : je ne suis pas comme ci, je ne suis pas comme ça. Mais non ! Aujourd’hui, qui suis-je ? Je suis un être humain avec de très belles choses, avec des limites, mais c’est avec ça que le Seigneur me demande de le rencontrer.

Vous connaissez l’histoire : le Seigneur frappe à la porte, et puis on lui dit : non, reviens un peu plus tard, ce n’est pas rangé chez moi. Le Seigneur voit tout, Il sait bien que ce n’est pas rangé, mais c’est comme ça qu’Il nous aime, et Il a envie qu’on en rie ensemble ! Il a beaucoup d’humour, le Seigneur, si on sait l’attraper !

Pour t’aimer Jésus, je n’ai rien qu’aujourd’hui. Hier est passé, demain, je ne sais pas ce qu’il sera. Demain, je ne vais peut-être pas résister à la tentation mais aujourd’hui, tout-de-suite, je peux choisir d’aimer.

Une soeur carmélite

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici.

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

DSC_0072_800x530 Cette semaine, je vous propose de découvrir la grande poésie de Thérèse sur l’abandon : L’Abandon est le fruit délicieux de L’Amour (PN52). En voici ma strophe préférée :

« Non, rien ne m’inquiète

Rien ne peut me troubler

Plus haut que l’alouette

Mon âme sait voler. »

Et puis il y a cette strophe, que les normands comprendront mieux que les autres (rire) :

« Au-dessus des nuages

Le ciel est toujours bleu

On touche les rivages

Où règne le Bon Dieu. »

DSC_0628_800x530Voilà bien ce qu’est la foi…

Il faudrait lire en entier ce texte qui dit vraiment ce qu’est l’abandon pour Thérèse. Pour moi, l’abandon, je crois que c’est accepter ; accepter tout ce qui est bon et tout ce qui est moins bon, tout ce qu’on aimerait ou n’aime pas, et cette acceptation donne la paix. J’essaie de sourire à tout. Par exemple, j’ai un handicap qui est très frustrant surtout quand on est en communauté, c’est que je suis malentendante. Chaque fois qu’en récréation les sœurs se mettent à rire, je ne sais pas pourquoi, et si je demande, bien souvent on me répète la partie que j’avais entendue ! Mais voilà, je tâche de l’accepter, et avec le sourire, c’est l’abandon.

Une sœur carmélite 

Pour lire en entier L’Abandon est le doux fruit de L’Amour, cliquez ici

Pour lire l’épisode précédent, cliquez ici

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

DSC_0447_800x530Je voudrais cette semaine vous faire découvrir une poésie magnifique de Thérèse : Jésus Seul (PN36). Le refrain en est cette phrase que j’aime beaucoup :

« Ma seule paix, mon seul bonheur

Mon seul Amour, c’est toi Seigneur ! »

Et puis il y a cette strophe qui dit si bien le cœur de l’ « enfance spirituelle » de Thérèse :

« O toi sui sus créer le cœur des mères

Je trouve en toi le plus tendre des Pères !

Mon seul Amour, Jésus, Verbe Eternel

Pour moi ton cœur est plus que maternel »

Pour Thérèse, Dieu est un Père bien sûr mais aussi une Mère. Mais il ne faut pas confondre l’enfance spirituelle de Thérèse avec de l’infantilisme, comme le montre la strophe suivante :

DSC_0481_530x800« Je veux t’aimer comme un petit enfant

Je veux lutter comme un guerrier vaillant

Comme un enfant plein de délicatesses

Je veux, Seigneur, te combler de caresses

Et dans le champ de mon apostolat

Comme un guerrier je m’élance au combat !... »

Alors là, c’est formidable ! Thérèse unit en une seule phrase les deux : l’enfance spirituelle et la flamme apostolique. Et ce sont ces deux choses qui me touchent le plus chez elle. Si j’ai choisi la vocation du carmel, c’est parce que j’aimais le bon Dieu bien sûr, mais aussi parce que je me disais qu’au carmel je serais plus apostolique que dans l’enseignement où je travaillais auparavant. Cela peut sembler paradoxal, mais c’est vraiment comme ça. Et Thérèse en est la preuve !

Suis-je moi aussi un petit enfant et un guerrier vaillant ? Je m’abandonne et le bon Dieu fait ce qu’il veut de moi.

Une sœur carmélite

Pour lire Jésus Seul en entier, cliquez ici

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

Profession_MP_Philippe_036_800x533 Parmi les poésies de Thérèse que j’aimerais vous faire découvrir, il y a Mon Chant d’Aujourd’hui (PN5). En voici un passage que j’aime beaucoup :

« Daigne m’unir à toi, Vigne sainte et sacrée

Et mon faible rameau te donnera son fruit

Et je pourrai t’offrir une grappe dorée

Seigneur, dès aujourd’hui. »

Alors là c’est vraiment évangélique, souvenez-vous quand Jésus nous dit : « Je suis la vigne vous êtes les sarments » (Jean 15,5). On sent que c’est vraiment la Parole de Dieu qui inspire Thérèse, parce qu’elle en vit, et je tâche moi aussi d’en vivre. Elle nous montre ici qu’il faut être greffé sur le bon Dieu pour porter du fruit. D’ailleurs dans le passage que je vous citais, Jésus continue : « Celui qui demeure en moi porte beaucoup de fruit. »

Demeurer en Dieu, voilà bien ce qu’est la vie au carmel ; mais comment demeurer en Dieu tout au long de la journée ? Et bien moi… je n’y arrive pas ! J’ai un travail de repassage par exemple, et j’essaie d’y demeurer en Dieu, mais bien vite je pense à autre chose ! Et quand je fais des travaux intellectuels je ne peux pas non plus, je suis obligée d’être toute à ce que je fais. Alors comment faire pour demeurer en Dieu ? Voilà ma petite « méthode » : à la fin de chaque temps oraison, c’est-à-dire quand je vais reprendre « la vie active », je dis : « Chaque geste pour toi, chaque instant avec toi » et puis Jésus s’en contente !

Thérèse poursuit :

DSCN1359_800x600« Cette grappe d’amour, dont les grains sont des âmes

Je n’ai pour la former que ce jour qui s’enfuit

Ah ! donne-moi, Jésus, d’un Apôtre les flammes

Rien que pour aujourd’hui. »

La flamme apostolique de Thérèse ! Ce qu’elle écrit là, je le vis aussi, en particulier à l’oraison. L’apostolat, c’est notre vie. On n’est pas là pour nous, on est là pour les âmes. Chez Thérèse l’un ne va pas sans l’autre : l’amour de Dieu et l’amour des âmes.

Une sœur carmélite

Pour lire Rien que pour aujourd’hui en entier, cliquez ici

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

DSC_0265_800x530J’ai honte de le dire (rire), mais je ne suis pas entrée au carmel pour Thérèse ! Je suis entrée au carmel pour Jésus, et pour le carmel car il me semblait que c’était le genre de vie qui me convenait selon l’appel du Seigneur pour une vie consacrée. Pendant ma vie carmélitaine, j’ai surtout longuement étudié nos fondateurs, Thérèse d’Avila et Jean de la Croix ; je n’ai redécouvert la petite Thérèse qu’il y a seulement quelques années. C’était lors d’une retraite prêchée par un prêtre (pour la petite histoire, il est parent des Guérin, aussi dès qu’il voit la statue de Thérèse dans une église, il s’écrie : « Ma cousine ! ») qui nous a commenté les textes de Thérèse d’une manière tellement vivante qu’il m’a donnée l’envie de les relire. Et ce sont surtout les poésies de Thérèse qui nourrissent ma prière. Moi qui n’ai pas de mémoire, pour les poésies de Thérèse, j’en ai ! Je les connais par cœur, aussi bien souvent leurs phrases me reviennent pendant mes temps d’oraison et me nourrissent. Je vous proposerai donc ces prochaines semaines un petit parcours de découverte dans ces poésies en vous en partageant mes passages préférés.

Pour commencer, une poésie que j’aime beaucoup, Ma Joie (PN45) :

DSC_0510_530x800« Il est des âmes sur la terre

Qui cherchent en vain le bonheur

Mais pour moi, c’est tout le contraire

La joie se trouve dans mon cœur

Cette joie n’est pas éphémère

Je la possède sans retour

Comme une rose printanière

Elle me sourit chaque jour. »

J’ai choisi ce poème car je trouve cette première strophe magnifique. C’est vrai qu’il y a des âmes qui sont toujours neurasthéniques, pour moi aussi c’est tout le contraire !!! Même si ce n’est pas toujours facile, j’essaye d’être une carmélite joyeuse !

Dans la suite de ce poème vous retrouverez tous les grands thèmes thérésiens : son abandon, son désir d’apostolat,… Et puis cette dernière phrase que j’aime si souvent à répéter : « Jésus ma joie c’est de t’aimer ! »

Une sœur carmélite

Pour lire Ma joie en entier, cliquez ici.

Pour lire les précédents épisodes, cliquez ici

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

Photo_marie_022_b_800x600« Je ne suis qu’une enfant, impuissante et faible, cependant c’est ma faiblesse même qui me donne l’audace de m’offrir en Victime à ton Amour, ô Jésus » (MsB, 3v)

Pour ceux qui ont suivi les épisodes précédents, vous voyez que j’en reviens toujours à la même chose !

J’avais écrit cette phrase à une sœur au moment de ma profession, et pour moi cela voulait dire que j’étais devant quelque chose qui me dépassait beaucoup, beaucoup, mais voilà c’est ma faiblesse même qui me donnait l’audace de m’offrir, parce que c’est toi Seigneur qui va faire le boulot. Moi, avec mes propres forces, je me sens tellement faible, ce n’est pas possible. S’offrir en victime d’amour, c’est fou !

DSC_0625_530x800Thérèse a compris l’amour ; elle a compris que Jésus voulait être aimé. Elle le dit : « Jésus n’a pas craint de mendier un peu d’eau à la Samaritaine. Il avait soif… Mais en disant « donne-moi à boire » c’était l’amour de sa pauvre créature que le Créateur de l’univers réclamait. Il avait soif d’amour.. . Ah ! je le sens plus que jamais Jésus est altéré.» (Ms B, 1v) Cette phrase me bouleverse toujours…

Nous sommes aimés les premiers. Ce n’est pas nous qui faisons quelque chose, c’est lui qui vient à nous, nous, nous ne faisons que répondre. Et puis on passe à côté, moi je passe à côté tout le temps, je ne fais pas ce qu’il veut. N’empêche, Dieu est altéré de moi, de nous. Et je peux recueillir toute la tendresse de son amour infini pour qu’elle se déverse dans le monde. Si je suis au carmel, c’est pour répondre à cet amour de Jésus.

Mais avec cela, je ne l’ai pas rencontré, je ne le connais pas Jésus ! Depuis quarante ans que je suis au carmel, il ne s’est jamais montré, il ne m’a jamais dit quoi que ce soit ; mais pourtant, je le crois, j’en suis sûre, Jésus est altéré. Cette foi, c’est Lui qui me la donne, c’est don de Dieu. C’est parce que c’est un don de Dieu qu’on ne peut qu’en être émerveillé et désirer le communiquer. Demandons à Dieu de répondre à ce don aussi fort que possible.

 Une soeur carmélite

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.


DSC_0296_800x530«  Je sens que si par impossible tu trouvais une âme plus faible, plus petite que la mienne, tu te plairais à la combler de faveurs plus grandes encore, si elle s'abandonnait avec une entière confiance à ta miséricorde infinie. » (MsB, 5v)

« Si tu trouvais une âme plus faible », mais bien sûr, pas de problème, c’est moi la plus faible (rire ) ! Mais voilà, on revient toujours à la même chose, « si elle s’abandonnait avec une entière confiance ».

DSC_0172_530x800L’abandon, ce n’est pas « Seigneur tu fais tout », moi aussi je dois faire des efforts, c’est le coup thérésien du ptit pied qu’on lève pour essayer de monter un grand escalier, et voyant notre effort Jésus descend jusqu’à nous, nous prend dans ses bras pour nous porter en haut des marches. Thérèse par exemple était super obéissante, super réglo dans ses affaires, mais avec ça, persuadée que c’est le Seigneur qui fait tout. Il faut vraiment tenir les deux ensemble mais c’est difficile parce que tantôt on est dans le« ha ha, regarde comme je suis belle » et puis tantôt on est dans le fond de la tristesse, on n’est pas où il faut ! C’est dans les bras de Jésus qu’il faut être !

Pour vivre l’abandon quand il y a une contrariété, surtout si ça vient de quelqu’un d’autre, ce n’est pas facile ! Moi je la rumine pendant un certain temps, j’ai du mal à l’évacuer, à ne pas avoir envie de  renvoyer une vacherie à la personne ; enfin moi j’en suis encore à ce niveau-là ! Et puis petit à petit la prière apaise d’abord, et on regarde Jésus. Et je me dis que la personne qui m’a blessée, elle est aimée de lui. Alors j’essaie de lui abandonner cette contrariété et lui, à sa manière, répond toujours.

Une soeur carmélite

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

DSC_0491_800x530« Quand j’ai commis une faute qui me rend triste, je sais bien que cette tristesse est la conséquence de mon infidélité. Mais, croyez-vous que j’en reste là ?! Oh ! non, pas si sotte ! Je m’empresse de dire au bon Dieu : Mon Dieu, je sais que ce sentiment de tristesse, je l’ai mérité, mais laisssez-moi vous l’offrir tout de même, comme une épreuve que vous m’envoyez par amour. Je regrette mon péché, mais je suis contente d’avoir cette souffrance à vous offrir. » (Derniers Entretines, 3.07.2)

Thérèse est gé-niale, elle se sert de tout !!! Ce passage-là, que de fois je l’ai repris parce que c’est tellement nous, ces pensées de tristesse, de découragement. Et bien non, allez, d’accord, je suis triste mais je te l’offre, je ne reste pas sur moi. Cette phrase me revient très souvent, car je suis une pauvre petite âme.

DSC_0438_800x530Ce sentiment de tristesse quand on fait une bêtise, quelques fois on s’y complait. Ce n’est pas facile de donner ce sentiment, mais c’est aussi cela l’abandon. Cela rejoint l’acte anagogique de Jean de la Croix : aussi bien pour une joie que pour une peine, surtout dans les relations entre les personnes, rebondir vers Dieu tout de suite, ne pas rester à ce niveau-là, se raccrocher à Dieu et pouf, on voit vite que la température descend. Ce n’est pas forcément senti, même si souvent il y a un apaisement, et c’est ensuite avec le recul qu’on voit l’action du Seigneur : je n’ai plus ce sentiment de rancœur, de vengeance. Dans l’abandon, on abandonne à Dieu ce poids qu’on a entre nous, on refuse d’en rester là. Ces petits actes d’abandon, il faut les renouveler tout le temps, ce n’est pas une fois pour toute. Mais quand même, quand on l’a fait bien des fois, c’est un peu comme un muscle qu’on a fait travailler, il y a une habitude qui se prend.

Une soeur carmélite

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

« Ce qui plait [au bon Dieu] dans ma petite âme, c’est de me voir aimer ma petitesse et ma pauvreté, c’est l’espérance aveugle que j’ai dans sa miséricorde » (LT197)

DSC_0515_800x530C’est très difficile d’aimer sa petitesse et sa pauvreté !

J’ai choisi de lire cette phrase avec vous parce qu’elle m’a toujours beaucoup touchée. Je me heurte toujours à ma faiblesse, je fais toujours les mêmes bêtises ; alors quand j’ai lu cette phrase… ! Aimer ma petitesse et ma pauvreté, et puis cette espérance aveugle en sa miséricorde, « voilà mon seul trésor, pourquoi ce trésor ne serait-il pas le vôtre ? » poursuit Thérèse.

DSC_0681_800x530Aimer sa petitesse et sa pauvreté, ça veut dire accepter ce qu’on n’aime pas en soi, accepter d’être pauvre. Et puis quand on accepte cela, au bout d’un moment, petit-à-petit, on accepte que Dieu soit le Créateur quand moi je ne le suis pas ! Je suis la créature, et surtout je suis aimée, malgré tout, malgré ma petitesse. Parce que quand on veut rencontrer le bon Dieu, n’est-ce pas,  on veut toujours être beau, bien habillé, on fait sa toilette et on voudrait lui dire :« regarde comme je suis belle ! » Et bien non, ce n’est pas ce qu’il veut, lui veut déverser sa miséricorde, comme une cascade de tendresse. Si on ne se fait pas capacité, si l’on est rempli de soi, on ne peut l’accueillir. Tandis que si on se fait capacité… Et c’est pour cela que l’on peut aimer sa pauvreté : je n’aime pas mes bêtises bien sûr, mais c’est quand même moi avec ces bêtises, et moi je suis aimée de Dieu.

Une soeur carmélite

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

Cette semaine, je vous propose de terminer notre méditation sur le thème :

Le génie thérésien pour retourner les situations les plus défavorables et en faire un tremplin à travers un dernier exemple, ce magnifique texte du Manuscrit C d'Histoire d'une âme : 

DSC_0130b_800x530« Ah ! Seigneur, je sais que vous ne commandez rien d'impossible, vous connaissez mieux que moi ma faiblesse, mon imperfection, vous savez bien que jamais je ne pourrais aimer mes soeurs comme vous les aimez, si vous-même, ô mon Jésus, ne les aimiez encore en moi. C'est parce que vous vouliez m'accorder cette grâce que vous avez fait un commandement nouveau. - Oh ! que je l'aime puisqu'il me donne l'assurance que votre volonté est d'aimer en moi tous ceux que vous me commandez d'aimer !... » (MsC, 12v)

Aimer mes sœurs comme Jésus les aime, j’avoue que je le vis très mal ! Thérèse avait un vrai génie pour cela, une telle délicatesse, comme on le voit dans bien des épisodes de sa vie. L’ amour de Jésus était tellement en elle que c’est Jésus qui avait ces délicatesses là.

Ct_2007_800x518Comment fait-on, concrètemement, pour que ce soit Jésus qui aime en nous ? Je pense à l’invitation de Jésus à « demeurer dans son amour », ce que nous vivons particulièrement grâce à la communion quotidienne, à l’union à lui dans la journée, et au fait d’être disponible aux inspirations que l’Esprit Saint peut nous donner. Quelquefois, c’est par exemple retenir une parole qui va blesser, alors qu’on la sent bien fort en soi ! J’essaie d’être attentive à des choses comme ça, parce que justement, de par mes blessures, j’ai beaucoup de violence en moi quand je me sens attaquée ou frustrée et je vois bien que c’est de la violence contre l’autre donc là j’essaie tout-de-suite de ne pas l’extérioriser puis de l’évacuer de moi, ne serait-ce que par des mouvements corporels. L’amour se vit dans des choses très concrètes et pratiques ! Il ne suffit pas seulement de demander à Jésus d’enlever la colère et de le regarder ne pas répondre à ses bourreaux. Il faut les deux, unir les moyens concrets et spirituels. Le Seigneur passe aussi par tous les moyens quand on les prend par amour !

Une soeur carmélite 

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici


Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

Cette semaine, je vous propse de méditer à nouveau sur le thème : 

leonie1_600x800Le génie thérésien pour retourner les situations les plus défavorables et en faire un tremplin à travers un deuxième exemple, la dernière lettre à Léonie.

« L'unique bonheur sur la terre c'est de s'appliquer à toujours trouver délicieuse la part que Jésus nous donne, la tienne est bien belle, ma chère petite soeur, si tu veux être une sainte cela te sera facile, puisqu'au fond de ton coeur le monde n'est rien pour toi. Tu peux donc comme nous t'occuper de «l'unique chose nécessaire», c'est-à-dire que tout en te livrant avec dévouement aux oeuvres extérieures ton but soit unique : Faire plaisir à Jésus, t'unir plus intimement à Lui. » (LT257)

Photo_marie_029_800x600Il y a quelques années, lors de ma retraite en solitude, j’ai découvert la lettre 257 du 17 juillet 1897 à Léonie qui est pour elle le testament de Thérèse. Cette phrase me touche particulièrement : « L’unique bonheur sur la terre, écrit Thérèse, c’est de s’appliquer à toujours trouver délicieuse la part que Jésus nous donne ». C’est moi qui souligne, car c’est tout un travail ! Ce n’est pas facile, mais cela ouvre à ce retournement du « Tout est grâce » dans le oui de la reconnaissance et du merci.

A Léonie, sa sœur difficile qui rencontre beaucoup de problèmes, Thérèse précise : « Ma chère petite sœur, si tu veux être une sainte, cela te sera facile. Tout en te livrant avec dévouement aux œuvres extérieures, que ton but soit unique : faire plaisir à Jésus, t’unir plus intimement à lui. » Thérèse m’a toujours renvoyée à l’amour de Jésus pour moi et à l’amour que je veux vivre. Lui, mon unique amour me donne d’aimer bien concrètement les autres, mes sœurs et chacun avec son propre amour, que je mendie chaque jour, « rien que pour aujourd’hui car pour t’aimer sur la terre je n’ai rien qu’aujourd’hui » (PN 5).

Une soeur carmélite

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

Pendant trois semaines, je vous propose, à l'aide de trois exemples, de méditer sur :

Le génie thérésien pour retourner les situations les plus défavorables et en faire un tremplin

Premier exemple : le Manuscrit B d'Histoire d'une âme 

Photo_marie_008_800x600Thérèse a suscité en moi le désir d’être, comme elle, l’amour au cœur de l’Eglise en faisant tout par amour, y compris les choses les plus petites et les plus cachées, ce qui n’est pas facile pour moi. Vivre comme elle un grand amour de Jésus malgré ma faiblesse. Ce qui m’a frappée et aidée, c’est le génie avec lequel elle sait retourner les situations les plus défavorables pour en faire un atout, un tremplin pour cet amour vécu dans le concret. Par exemple, l’handicap psychologique d’être « la petite dernière » et ses blessures affectives sont devenus le point de départ de sa petite voie et elle s’en sert pour une confiance plus grande en cet amour privilégié de Jésus pour elle, aidée en cela par la Parole de Dieu accueillie et mise en action.

Cela ressort particulièrement dans sa lettre du 8 septembre 1896, devenue le Manuscrit B, à sa sœur Marie . Thérèse est depuis Pâques dans la nuit de la foi et gravement atteinte dans sa santé. « O Jésus mon bien-aimé, qui pourra dire avec quelle tendresse, quelle douceur vous conduisez ma petite âme ? » Voyez ce retournement, elle est dans la nuit, très atteinte dans sa santé, et elle loue la tendresse et la douceur de la conduite de Dieu sur elle.

Thérèse se décrit comme « petite » et cet adjectif  revient trente-huit fois en dix pages. Mais après avoir énuméré ses désirs infinis, téméraires, audacieux, désirs fous de la folie de l’amour, Thérèse écrit : « Je ne suis qu’une enfant impuissante et faible, cependant c’est ma faiblesse même qui me donne l’audace de m’offrir en victime à ton amour. Comment une âme aussi imparfaite que la mienne peut-elle aspirer à posséder la plénitude de l’amour ? Malgré ma petitesse extrême j’ose fixer le soleil divin, le soleil de l’amour

anniversaire_suzanne_800x600Parler de Dieu comme un soleil comme elle le fait là, c’est quelque chose qui me parle énormément maintenant, et que je retrouve dans la Parole de Dieu et la liturgie. Souvent Thérèse m’a éveillée à des sujets que j’ai retrouvés et approfondis dans la Bible.

Thérèse m’a fait découvrir la puissance de la confiance et de la miséricorde. « Je sens que si par impossible tu trouvais une âme plus faible, plus petite que la mienne, tu te plairais à la combler de faveurs plus grandes encore si elle s’abandonnait avec une entière confiance à ta miséricorde infinie. » Mais comme le dit Thérèse ailleurs, c’est là le difficile, de s’accepter, de se réjouir d’être faible et petite, sans vertu, tout en étant sûre de l’amour inconditionnel de Dieu pour nous et que nous avons grande valeur à ses yeux. « Je suis Yahvé ton Dieu, tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix et moi je t’aime » (Is 42,3-4). Que toutes les personnes qui se dévalorisent soient bien persuadés de cette valeur qu’elles ont aux yeux de Dieu !

Une soeur carmélite

Pour lire intégralement le Manuscrit B, cliquez ici

Pour lire les épisodes précédents de "Lire Thérèse avec les carmélites", cliquez ici

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit une phrase de Thérèse.

« C’est par-dessus tout l’Evangile qui m’entretient pendant mes oraisons, en lui je trouve tout ce qui est nécessaire à ma pauvre petite âme, j’y découvre toujours de nouvelles lumières, des sens cachés et mystérieux… »(MsA, 83v°)

DSC_0079_800x530La Bible n’est pas un livre comme un autre. Thérèse parle de l’Evangile parce qu’elle n’avait que celui-ci, elle n’avait pas de Bible, mais elle aurait eu la Bible qu’elle aurait dit tout-à-fait la même chose. L’Evangile, ce sont des paroles sacrées qui nous transforment quand on les lit. Si je prends un livre, ce n’est qu’un livre avec des paroles ; mais là, c’est la Parole de Dieu et comme le dit le livre d’Isaïe :  « ma parole ne revient pas à Moi sans effet, sans avoir fait ce que je désire, sans avoir réalisé ce pour quoi je l’ai envoyée» (Is55, 10-11).Ca, il faut y croire vraiment !

Quand on lit la Parole, on n’est pas obligé de tout comprendre, de tout analyser. Moi ce n’est pas par l’analyse et la compréhension que je l’aborde, mais par l’amour que j’y mets : je lis cet Evangile parce que Jésus, tu es là, tu me proposes de le lire et toi tu vas faire ce que tu veux. Tant pis si moi je ne sens pas, tant pis si ça semble ne rien me faire, si ça ne me dit rien, mais toi, tu fais ce qu’il faut faire pour me transformer. C’est ça qui fait de l’Evangile quelque chose de sacré,  la Parole de Dieu est vivante, vivante et transformante.

CDL_Soeur_en_retraite_600x800Avant d’entrer au carmel, j’allais à la messe tous les dimanches, j’y écoutais l’Evangile puis rentrée à la maison je ne le reprenais pas, je n’étais pas une fana de la Parole de Dieu. Une fois entrée au carmel, j’ai découvert petit-à-petit l’importance considérable de la Parole. Je peux dire comme Thérèse que quand je lisais l’Evangile, vraiment ça me brûlait le cœur : « Jésus, tu dis ça, tu fais ça,… c’est extraoridinaire ! » Et puis j’ai quand même eu toute une formation aussi, mais l’essentiel reste: accueillir la Parole dans la foi et l’amour. Tout est .

Une parole de l’Evangile, accueillie, agit toujours dans le sens de l’amour pour nous et pour les autres. La grâce n’est jamais pour soi seul, ell est toujours pour l’universel. Ca, vraiment je le crois et m’efforce à le croire de plus en plus, et j’espère que j’aurai la grâce d’y croire encore jusqu’à mon dernier souffle pour que tout le monde en profite !

Une soeur carmélite

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit une phrase de Thérèse.

« Je compris que l’Amour renfermait toutes les Vocations, que l’Amour était tout, qu’il embrassait tous les temps et tous les lieux… en un mot qu’il est Eternel !... Dans le Cœur de l’Eglise, ma Mère, je serai l’Amour… ainsi je serai tout… ainsi mon rêve sera réalisé !!!... »(MsB, 3v°)

DSC_0246b_800x604Tout le monde rêve d’être aimé, recherche ce qui peut satisfaire dans la vie, ce qui peut combler et c’est toujours l’amour évidemment. Sans le savoir parfois vraiment d’une manière précise, on est toujours en quête de cela.

Thérèse avait compris ce que le bon Dieu attendait d’elle et elle l’avait compris de cette manière-là. Elle dit :  « je compris que l’amour renfermait toutes les vocations » et moi je tenais à le redire aux internautes qui vont me lire, car je pense que cela peut faire tilt dans certains cœurs. J’en suis persuadée : où que l’on soit, on peut tous avoir un rayonnement, être satisfait et satisfaire aussi le cœur de Dieu qui attend de nous combler et on peut tous rayonner son amour, là où on est.

Thérèse écrit que l’amour embrasse « tous les temps et tous les lieux ». Elle a bien compris, Thérèse, que depuis la création tout a été fait dans l’amour ; l’amour est éternel donc tous les temps et tous les lieux sont concernés. On le voit bien dans nos simples vies de dix, quinze, vingt, cent ans : on est toujours en quête d’amour et c’est comme ça depuis la création du monde. Je crois que quand on aime, on peut rejoindre tous les temps, tous les lieux. Que l’on soit chrétien ou non-chrétien, tout ce qu’on fait par amour rejoint tous les temps et tous les lieux car ça rejoint Dieu, l’Intemporel, l’Eternel qui est partout. C’est la fécondité des petites actions de rien : tout ce qu’on vit dans l’amour fait du bien quelque part, rayonne quelque part. On ne le voit pas, on ne le sent pas, mais on le croit parce que Jésus nous a dit de croire : « vous ferez des œuvres aussi grandes que moi-même, et même encore plus grandes, parce que j’aurai fait mon sacrifice et vous vous croirez, et cela produira du fruit ».

Cette vie d’amour dans les petites choses qui rejaillit dans le monde entier, ce n’est pas réservé qu’à Thérèse et aux carmélites, c’est pour tous les chrétiens ! On nous regarde parfois, nous les carmélites, comme si ce que nous faisions était plus grand que ce que font les autres, moi je lutte contre ça. Pourquoi le bon Dieu m’a mise là ? Je ne m’y attendais absolument pas, et je ne suis pas meilleure que les autres ! Qu’on soit dans tel métier dans telle situation, dans tel lieu, « tous les temps tous les lieux », qu’importe ! On est créé par amour et l’aboutissement de notre vie c’est l’amour éternel en Dieu, avec Dieu, et puis avec tous : les uns sans les autres on ne peut pas être heureux.


Prau_800x590Quand j’ai choisi de devenir carmélite, je voulais être heureuse mais je me suis dit que je ne pouvais pas être heureuse toute seule. Je suis rentrée au carmel pour ça aussi car je savais que la prière pouvait toucher le monde entier, tous. Cette vérité m’a complètement dynamisée, elle m’a fait entrer ! Tout le monde ne réagit pas comme moi, c’est parce que le bon Dieu m’a fait ce don-là, mais le don qu’il te fait à toi, à une mère de famille, à un vieillard : il est aussi beau, tant que tu crois que ton cœur rejoint le cœur de Dieu. Il faut se défaire d’une image idéaliste des consacrés, des religieux ;  je ne dis pas , c’est une grande grâce que de l’être mais tout est une grande grâce quand on accueille le don de la foi, tout ce qu’on fait a alors du prix et un rayonnement. Thérèse a compris dans les dernières années de sa vie que même les pécheurs ont une chance formidable pour réjouir le cœur de Dieu s’ils reviennent à lui. Il ne s’agit pas d’être une bonne petite personne bien élevée, bien sous tout rapport, il s’agit de nous laisser aimer par Dieu tel que nous sommes et nous rayonnerons l’amour, dans « tous les temps et tous les lieux » !

Une soeur carmélite

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit une phrase de Thérèse.

« C’est par la prière qu’on peut aider les missionnaires »(Ms C, 32r°)

DSC_0276_bisLa prière et la vie missionnaire, pour moi c’est tout un. Je ne vais pas prier que pour moi, de toutes façons tout ce que je veux pour moi je le veux pour les autres ! On a tous droit au bonheur, le bonheur est créé pour tous, alors ma prière n’est jamais que pour moi, elle est aussi pour les autres.

Prier pour les autres, je le vis de manière très simple : pas par des formules toutes faites, mais souvent dans le silence, en revenant à la pensée et à la certitude que ce que je fais, ce que je vais faire tout-à-l’heure c’est vraiment par amour pour Dieu et pour les autres.

Des fois je suis à côté de la plaque, puis je reviens. Je ne vis pas cette prière d’une manière tout-à-fait droite et sans tomber. Mais qu’il m’arrive une peine ou que je fasse des gaffes, bon, je me reprends, je me ressaisis et ça me permet de rejoindre les autres : quand c’est un péché par exemple, je rejoins ce qui souffrent de leurs péchés, ou qui n’en ont pas consicence, je prie pour eux, je me mets avec eux, un peu comme Thérèse qui se mettait à la table des pécheurs.

Photo_marie_024Et quand tout va bien, c’est pareil, je remercie : quand on a une bonne nouvelle des amis ou de la famille, on est dans la joie alors ma prière est toute faite, c’est l’action de grâce. Chacune a son tempérament mais moi par tempérament j’ai facilement la reconnaissance dans le cœur, je goûte les plus petites choses : quand je vois une belle fleur je me dis « c’est formidable ». Je n’ai pas besoin de mots, il y a un lien qui se fait tout-de-suite avec celui qui l’a faite et tous ceux qui travaillent : il a fallu un jardinier, il a fallu semer, attendre,… Il y en a combien qui attendent avec désespoir, ou avec foi…

Quand on vit dans un état de prière, tout prend relief pour une prière, pour une offrande, pour une reconnaissance,…

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici

Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit une phrase de Thérèse.

« A chaque instant, cet Amour Miséricordieux me renouvelle » (Ms A, 84r°)anniversaire_suzanne

Je voudrais souligner cet « A chaque instant » : Thérèse ne vit pas de cet Amour en passant, ou une fois pour toute, ou en se disant de temps en temps : je vais renouveler ma confiance, mon espérance en sa miséricorde. Non, elle dit « à chaque instant ». La vie se renouvelle à chaque instant et il ne faut pas se laisser engloutir par des moments trop longs. Bien sûr on a tous des moments où on n’en peut plus, on est fatigué, on n’a pas le moral, on a des mauvaises nouvelles,etc. Mais si on prend un petit temps, ne serait-ce que quelques secondes pour dire : « Jésus, qu’est-ce que tu veux ? Qu’est-ce qu’il faut que je fasse ? » Hop, si on croit à l’amour miséricordieux, on reprend. Je ne dis pas que ça se fait en  un éclair mais peu à peu l’action de l’Esprit Saint fait son œuvre.

P_029Je le vois sur toute une vie : ce n’est pas que dans des moments donnés, même s’il y a des moments de grâce particulière, mais moi je crois que jusqu’à mon dernier souffle j’aurai toujours besoin de me retourner parce que la réalité humaine c’est ça, c’est le combat de se laisser soi-même pour faire confiance, pour s’abandonner à quelqu’un, à notre créateur.
C’est lui qui sait où Il veut nous conduire ou pourquoi on est dans cet état-là, dans quel but on y est. On n’a qu’un geste à faire, comme le dit Thérèse : « un soupir », « un regard » et ça y est, on est libéré, on est sauvé, on est renouvelé.

Bien sûr, « à chaque instant », ce n’est pas à prendre au sens purement littéral, c’est une image que Thérèse donne pour spécifier que c’est un état constant qu’elle a en soi. Ce ne serait pas possible de passer tout son temps à répéter « Jésus renouvelle moi, renouvelle moi » ; de même  que quand elle dit « la prière c’est une disposition du cœur », ça ne veut pas dire que toute la journée elle récitait des prières, elle avait son travail, les rencontres avec les sœurs,.. Mais c’est comme une maman qui aime son enfant : elle n’est pas toujours à lui dire : « Je t’aime, je t’aime, je t’aime » ; elle l’a en elle, c’est un état d’amour constant.

Une soeur carmélite

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici.

Chaque semaine, une carmélite choisit une phrase de Thérèse et nous partage comment elle la vit.

« Ce qui plait [au Bon Dieu] dans ma petite âme, c’est de me voir aimer ma petitesse et ma pauvreté, c’est l’espérance aveugle que j’ai en sa miséricorde Voilà mon seul trésor. » (LT197)

Photo_marie_024_5Cette phrase, pour moi, est un joyau ! Apparemment, elle est facile à dire, mais nous qui vivons un peu comme a vécu Thérèse, nous nous rendons compte qu’aimer sa petitesse et sa pauvreté, c’est quelque chose de très dépouillant. Dans la vie fraternelle (car c’est surtout là qu’on expérimente nos limites, nos différences, nos pauvretés, mais nos richesses aussi, il ne faut pas les exclure !), dans l’expérience de nos péchés, de nos manques de foi, d’espérance, on est vraiment acculé à la vérité sur soi-même : je découvre que je suis pauvre, que je suis petite et il faut que je l’accepte et que j’en fasse ma joie parce que Thérèse le dit bien, « ce qui plait à Jésus c’est de me voir aimer ma petitesse », c’est ça qui est très fort.

Aimer sa petitesse, ce n’est pas dire « je suis pauvre, je suis petite, je ne suis bonne à rien, je vais tâcher de mieux faire ». On peut toujours trouver des moyens pour remonter en surface et pour que « ça aille mieux » à la force du poignet, mais non, ce n’est pas ça que Jésus attend de moi. Il ne faut pas refuser sa petitesse car s’il y a la petitesse Il va pouvoir nous faire grandir, s’il y a pauvreté Il va pouvoir nous combler. Et ce sera sa joie.


CDL_Soeur_en_retraiteAimer sa petitesse, c’est vraiment une grâce : par moi-même je ne peux pas. Il faut avoir expérimenté qu’on est absolument incapable d’arriver à cette grâce par nous-mêmes. Thérèse l’explique bien, elle l’expérimente non seulement dans sa vie spirituelle mais dans sa vie humaine, surtout dans sa dernière maladie où elle a souffert terriblement.

Thérèse a compris que devant sa pauvreté offerte, Jésus allait bondir sur elle pour la combler de tout, de tout ce qu’elle espérait, et que c’était la joie de Jésus de la combler de sa tendresse. Je parle toujours de Jésus (comme Thérèse) bien sûr le Père et l’Esprit Saint aussi, c’est l’Esprit Saint qui nous accorde cette grâce.

Thérèse nous dit que cet amour de sa pauvreté est « son seul trésor », je crois que c’est vrai, cela rejoint tant de passages de l’Evangile. Dire qu’ « aimer sa pauvreté » est son trésor, c’est une logique apparemment renversée, car on parle plutôt habituellement de « trésor » pour ses propres talents, ses qualités ; pour elle c’est linverse, mais ce n’est pas un anéantissement, c’est un accomplissement. Non pas un mouvement vers la mort, vers la dépression, vers des réflexions du style « je ne vais pas y arriver », mais au contraire le chemin qui va lui permettre d’aboutir à une vie en plénitude dans l’amour. Ce chemin, elle veut le vivre dans l’amour, elle l’accepte par amour, parce que ça va faire plaisir à celui qu’elle aime, à Jésus. Il ne faut pas se tromper : aimer sa pauvreté, ce n’est pas être mal dans sa peau ; moi-même je ne me sens pas toujours bien dans ma peau mais je me dis : « accepte-le, Jésus attend de te sauver, tu n’as qu’à tendre la main, allez, réjouis-toi ! »

Une soeur carmélite

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici

Chaque semaine, une carmélite choisit une phrase de Thérèse et nous partage comment elle la vit.

« Combien Jésus aime les âmes imparfaites qui se confient en lui » (LT258)

Photo_marie_024_3Cette phrase me resitue à mon niveau : je suis une âme imparfaite et ce que Thérèse dit  me concerne donc tout-à-fait ! Et quand je vois tous les fruits que sa vie a porté, je me dis que même dans l’imperfection quelque chose se vit, peut s’améliorer et réjouir le cœur de Dieu.

Pour cela Thérèse nous recommande de nous confier à Jésus. Se confier à Jésus, c’est d’abord croire en sa Parole, et aussi faire un appel constant à sa grâce : dans le quotidien, j’ai toujours besoin d’aide et de faire confiance, et donc de croire. Je sais que la foi, pour Dieu, c’est fondamental : dans presque tous les passages de l’Evangile où Jésus guérit une personne, Jésus lui pose la question : « crois-tu que je peux ? », « si tu crois ». Thérèse nous redit que pour agir, Dieu veut avoir besoin de notre foi.

« Je me souviens que : « le plus petit mouvement de pur amour est plus utile à l’Eglise que toutes les autres œuvres réunies ensemble » » (Ms B, 4v°)

Photo_marie_029Quelle parole extraordinaire, c’est fort ! Thérèse a médité là-dessus à l’âge de dix-sept ans, en lisant Jean de la Croix qui est l’auteur de cette phrase ;  puis, à la fin de sa vie, pendant sa dernière maladie, elle se pose la question : « le pur amour est-il dans mon cœur ? » Elle en avait le pressentiment parce qu’elle avait tout donné à Dieu et dans une certaine mesure elle sentait sa propre sainteté, mais elle avait quand même des doutes…

Qu’est-ce que le pur amour ? Moi aussi je me pose la question, mais en même temps je me dis que peut-être il ne faut pas trop se la poser, ne pas trop se regarder. Le pur amour ne peut venir que d’une grâce de Dieu. Si on la demande, on est sûr de l’avoir ; là aussi c’est une question de foi, je me dis que le bon Dieu ne peut pas nous refuser cela. Celui qui a le plus envie que nous aimions d’un pur amour, c’est Lui ! Si on lui fait confiance, Il ne peut pas décevoir une telle prière. Le pur amour, il suffit que je le demande par un petit mouvement du coeur, dans des choses toutes simples, qui nous arrivent constemment à longueur de vie et de journée. Je dis au Seigneur : « Jésus, donne moi ton pur amour pour aimer. Et puis fais ce que tu veux mais je te le demande, je te le demande ».

Thérèse nous le dit par cette phrase, un acte de pur amour c’est un véritable feu d’artifice dans le monde ! Quand notre amour est moins pur évidemment ça a moins d’éclat, mais si on demande la grâce du pur amour, notre vie peut devenir si féconde !

Une soeur carmélite

Petite introduction à notre nouvelle série...

Du jour où j’ai lu les Manuscrits de Thérèse, j’ai été illuminée sur ma relation à notre Dieu. Tout a changé dans ma connaissance du « comment être » et Marie_Voile_Blanc_et_noir_lger« comment faire pour aimer » sur cette terre, éternellement et au-delà de la mort. La vie de Thérèse est comme la nôtre une soif d’amour qui ne meurt jamais et veut se répandre partout et toujours.

Thérèse m’apprend la simplicité, l’humilité, l’audacieuse confiance et l’espérance sans limite en la bonté inouïe de Dieu « qui n’est qu’amour et miséricorde. » Elle m’apprend la prière du cœur, simple, amoureuse, comme la désire Jésus le Christ qui me révèle Dieu Père par le don de leur Esprit qui agit toujours dans le cœur des croyants.

Thérèse, Patronne des missions, nous rejoint tous et toutes par sa vie pleinement engagée à la suite de Jésus dont le seul désir était de rassembler toute l’humanité dans cet amour qui n’exclue personne.

Chaque semaine, une de mes sœurs ou moi choisira une phrase ou un texte de Thérèse qui l’a personnellement touchée, et vous partagera comment elle en vit.

webTH-41« Nous n’avons que cette vie pour vivre de foi » (Conseils et souvenirs)

Cette phrase de Thérèse me dit qu’on n’a pas de temps à perdre ! Nous n’avons QUE cette vie, ce qui sous-entend aussi qu’il y a, bien sûr, une prolongation quelque part. Notre vie de foi doit donc être intense, vivante ! Comme il est pressant d’employer vraiment notre vie  dans la foi en Jésus Christ et en son Evangile !

« En toi, Jésus, j’ai toutes choses » (PN18, 39, 1)

Je n’ai pas la prétention de dire, comme Thérèse pouvait le faire, que Jésus me suffit pleinement en tout et partout et toujours. Mais profondément je sens, et je l’expérimente quelques fois, surtout à l’oraison, quand le soir je suis en silence devant le tabernacle avec mes sœurs, je sens que je ne pourrais pas être mieux autre part ! Les mots me manquent pour bien l’exprimer, mais c’est vrai que Jésus est tout, que Lui seul peut combler. C’est ce que je ressens, d’une manière paisible, pas forcément toujours avec des grands élans de joie, mais en profondeur. Il y a beaucoup de choses qui me rendent heureuse, je trouve beaucoup de bonheurs, de satisfactions naturelles et même spirituelles, mais je sens que Jésus est tout, qu’Il est une plénitude que lui seul peut donner.