Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit une phrase de Thérèse.

« A chaque instant, cet Amour Miséricordieux me renouvelle » (Ms A, 84r°)anniversaire_suzanne

Je voudrais souligner cet « A chaque instant » : Thérèse ne vit pas de cet Amour en passant, ou une fois pour toute, ou en se disant de temps en temps : je vais renouveler ma confiance, mon espérance en sa miséricorde. Non, elle dit « à chaque instant ». La vie se renouvelle à chaque instant et il ne faut pas se laisser engloutir par des moments trop longs. Bien sûr on a tous des moments où on n’en peut plus, on est fatigué, on n’a pas le moral, on a des mauvaises nouvelles,etc. Mais si on prend un petit temps, ne serait-ce que quelques secondes pour dire : « Jésus, qu’est-ce que tu veux ? Qu’est-ce qu’il faut que je fasse ? » Hop, si on croit à l’amour miséricordieux, on reprend. Je ne dis pas que ça se fait en  un éclair mais peu à peu l’action de l’Esprit Saint fait son œuvre.

P_029Je le vois sur toute une vie : ce n’est pas que dans des moments donnés, même s’il y a des moments de grâce particulière, mais moi je crois que jusqu’à mon dernier souffle j’aurai toujours besoin de me retourner parce que la réalité humaine c’est ça, c’est le combat de se laisser soi-même pour faire confiance, pour s’abandonner à quelqu’un, à notre créateur.
C’est lui qui sait où Il veut nous conduire ou pourquoi on est dans cet état-là, dans quel but on y est. On n’a qu’un geste à faire, comme le dit Thérèse : « un soupir », « un regard » et ça y est, on est libéré, on est sauvé, on est renouvelé.

Bien sûr, « à chaque instant », ce n’est pas à prendre au sens purement littéral, c’est une image que Thérèse donne pour spécifier que c’est un état constant qu’elle a en soi. Ce ne serait pas possible de passer tout son temps à répéter « Jésus renouvelle moi, renouvelle moi » ; de même  que quand elle dit « la prière c’est une disposition du cœur », ça ne veut pas dire que toute la journée elle récitait des prières, elle avait son travail, les rencontres avec les sœurs,.. Mais c’est comme une maman qui aime son enfant : elle n’est pas toujours à lui dire : « Je t’aime, je t’aime, je t’aime » ; elle l’a en elle, c’est un état d’amour constant.

Une soeur carmélite

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