Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit une phrase de Thérèse.

« Je compris que l’Amour renfermait toutes les Vocations, que l’Amour était tout, qu’il embrassait tous les temps et tous les lieux… en un mot qu’il est Eternel !... Dans le Cœur de l’Eglise, ma Mère, je serai l’Amour… ainsi je serai tout… ainsi mon rêve sera réalisé !!!... »(MsB, 3v°)

DSC_0246b_800x604Tout le monde rêve d’être aimé, recherche ce qui peut satisfaire dans la vie, ce qui peut combler et c’est toujours l’amour évidemment. Sans le savoir parfois vraiment d’une manière précise, on est toujours en quête de cela.

Thérèse avait compris ce que le bon Dieu attendait d’elle et elle l’avait compris de cette manière-là. Elle dit :  « je compris que l’amour renfermait toutes les vocations » et moi je tenais à le redire aux internautes qui vont me lire, car je pense que cela peut faire tilt dans certains cœurs. J’en suis persuadée : où que l’on soit, on peut tous avoir un rayonnement, être satisfait et satisfaire aussi le cœur de Dieu qui attend de nous combler et on peut tous rayonner son amour, là où on est.

Thérèse écrit que l’amour embrasse « tous les temps et tous les lieux ». Elle a bien compris, Thérèse, que depuis la création tout a été fait dans l’amour ; l’amour est éternel donc tous les temps et tous les lieux sont concernés. On le voit bien dans nos simples vies de dix, quinze, vingt, cent ans : on est toujours en quête d’amour et c’est comme ça depuis la création du monde. Je crois que quand on aime, on peut rejoindre tous les temps, tous les lieux. Que l’on soit chrétien ou non-chrétien, tout ce qu’on fait par amour rejoint tous les temps et tous les lieux car ça rejoint Dieu, l’Intemporel, l’Eternel qui est partout. C’est la fécondité des petites actions de rien : tout ce qu’on vit dans l’amour fait du bien quelque part, rayonne quelque part. On ne le voit pas, on ne le sent pas, mais on le croit parce que Jésus nous a dit de croire : « vous ferez des œuvres aussi grandes que moi-même, et même encore plus grandes, parce que j’aurai fait mon sacrifice et vous vous croirez, et cela produira du fruit ».

Cette vie d’amour dans les petites choses qui rejaillit dans le monde entier, ce n’est pas réservé qu’à Thérèse et aux carmélites, c’est pour tous les chrétiens ! On nous regarde parfois, nous les carmélites, comme si ce que nous faisions était plus grand que ce que font les autres, moi je lutte contre ça. Pourquoi le bon Dieu m’a mise là ? Je ne m’y attendais absolument pas, et je ne suis pas meilleure que les autres ! Qu’on soit dans tel métier dans telle situation, dans tel lieu, « tous les temps tous les lieux », qu’importe ! On est créé par amour et l’aboutissement de notre vie c’est l’amour éternel en Dieu, avec Dieu, et puis avec tous : les uns sans les autres on ne peut pas être heureux.


Prau_800x590Quand j’ai choisi de devenir carmélite, je voulais être heureuse mais je me suis dit que je ne pouvais pas être heureuse toute seule. Je suis rentrée au carmel pour ça aussi car je savais que la prière pouvait toucher le monde entier, tous. Cette vérité m’a complètement dynamisée, elle m’a fait entrer ! Tout le monde ne réagit pas comme moi, c’est parce que le bon Dieu m’a fait ce don-là, mais le don qu’il te fait à toi, à une mère de famille, à un vieillard : il est aussi beau, tant que tu crois que ton cœur rejoint le cœur de Dieu. Il faut se défaire d’une image idéaliste des consacrés, des religieux ;  je ne dis pas , c’est une grande grâce que de l’être mais tout est une grande grâce quand on accueille le don de la foi, tout ce qu’on fait a alors du prix et un rayonnement. Thérèse a compris dans les dernières années de sa vie que même les pécheurs ont une chance formidable pour réjouir le cœur de Dieu s’ils reviennent à lui. Il ne s’agit pas d’être une bonne petite personne bien élevée, bien sous tout rapport, il s’agit de nous laisser aimer par Dieu tel que nous sommes et nous rayonnerons l’amour, dans « tous les temps et tous les lieux » !

Une soeur carmélite

Pour lire les épisodes précédents, cliquez ici