Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

Pendant trois semaines, je vous propose, à l'aide de trois exemples, de méditer sur :

Le génie thérésien pour retourner les situations les plus défavorables et en faire un tremplin

Premier exemple : le Manuscrit B d'Histoire d'une âme 

Photo_marie_008_800x600Thérèse a suscité en moi le désir d’être, comme elle, l’amour au cœur de l’Eglise en faisant tout par amour, y compris les choses les plus petites et les plus cachées, ce qui n’est pas facile pour moi. Vivre comme elle un grand amour de Jésus malgré ma faiblesse. Ce qui m’a frappée et aidée, c’est le génie avec lequel elle sait retourner les situations les plus défavorables pour en faire un atout, un tremplin pour cet amour vécu dans le concret. Par exemple, l’handicap psychologique d’être « la petite dernière » et ses blessures affectives sont devenus le point de départ de sa petite voie et elle s’en sert pour une confiance plus grande en cet amour privilégié de Jésus pour elle, aidée en cela par la Parole de Dieu accueillie et mise en action.

Cela ressort particulièrement dans sa lettre du 8 septembre 1896, devenue le Manuscrit B, à sa sœur Marie . Thérèse est depuis Pâques dans la nuit de la foi et gravement atteinte dans sa santé. « O Jésus mon bien-aimé, qui pourra dire avec quelle tendresse, quelle douceur vous conduisez ma petite âme ? » Voyez ce retournement, elle est dans la nuit, très atteinte dans sa santé, et elle loue la tendresse et la douceur de la conduite de Dieu sur elle.

Thérèse se décrit comme « petite » et cet adjectif  revient trente-huit fois en dix pages. Mais après avoir énuméré ses désirs infinis, téméraires, audacieux, désirs fous de la folie de l’amour, Thérèse écrit : « Je ne suis qu’une enfant impuissante et faible, cependant c’est ma faiblesse même qui me donne l’audace de m’offrir en victime à ton amour. Comment une âme aussi imparfaite que la mienne peut-elle aspirer à posséder la plénitude de l’amour ? Malgré ma petitesse extrême j’ose fixer le soleil divin, le soleil de l’amour

anniversaire_suzanne_800x600Parler de Dieu comme un soleil comme elle le fait là, c’est quelque chose qui me parle énormément maintenant, et que je retrouve dans la Parole de Dieu et la liturgie. Souvent Thérèse m’a éveillée à des sujets que j’ai retrouvés et approfondis dans la Bible.

Thérèse m’a fait découvrir la puissance de la confiance et de la miséricorde. « Je sens que si par impossible tu trouvais une âme plus faible, plus petite que la mienne, tu te plairais à la combler de faveurs plus grandes encore si elle s’abandonnait avec une entière confiance à ta miséricorde infinie. » Mais comme le dit Thérèse ailleurs, c’est là le difficile, de s’accepter, de se réjouir d’être faible et petite, sans vertu, tout en étant sûre de l’amour inconditionnel de Dieu pour nous et que nous avons grande valeur à ses yeux. « Je suis Yahvé ton Dieu, tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix et moi je t’aime » (Is 42,3-4). Que toutes les personnes qui se dévalorisent soient bien persuadés de cette valeur qu’elles ont aux yeux de Dieu !

Une soeur carmélite

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