Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

DSC_0491_800x530« Quand j’ai commis une faute qui me rend triste, je sais bien que cette tristesse est la conséquence de mon infidélité. Mais, croyez-vous que j’en reste là ?! Oh ! non, pas si sotte ! Je m’empresse de dire au bon Dieu : Mon Dieu, je sais que ce sentiment de tristesse, je l’ai mérité, mais laisssez-moi vous l’offrir tout de même, comme une épreuve que vous m’envoyez par amour. Je regrette mon péché, mais je suis contente d’avoir cette souffrance à vous offrir. » (Derniers Entretines, 3.07.2)

Thérèse est gé-niale, elle se sert de tout !!! Ce passage-là, que de fois je l’ai repris parce que c’est tellement nous, ces pensées de tristesse, de découragement. Et bien non, allez, d’accord, je suis triste mais je te l’offre, je ne reste pas sur moi. Cette phrase me revient très souvent, car je suis une pauvre petite âme.

DSC_0438_800x530Ce sentiment de tristesse quand on fait une bêtise, quelques fois on s’y complait. Ce n’est pas facile de donner ce sentiment, mais c’est aussi cela l’abandon. Cela rejoint l’acte anagogique de Jean de la Croix : aussi bien pour une joie que pour une peine, surtout dans les relations entre les personnes, rebondir vers Dieu tout de suite, ne pas rester à ce niveau-là, se raccrocher à Dieu et pouf, on voit vite que la température descend. Ce n’est pas forcément senti, même si souvent il y a un apaisement, et c’est ensuite avec le recul qu’on voit l’action du Seigneur : je n’ai plus ce sentiment de rancœur, de vengeance. Dans l’abandon, on abandonne à Dieu ce poids qu’on a entre nous, on refuse d’en rester là. Ces petits actes d’abandon, il faut les renouveler tout le temps, ce n’est pas une fois pour toute. Mais quand même, quand on l’a fait bien des fois, c’est un peu comme un muscle qu’on a fait travailler, il y a une habitude qui se prend.

Une soeur carmélite

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