Chaque semaine, une carmélite de Lisieux nous partage comment elle vit une phrase de Thérèse.

1927-th-patronne-missions-85x132Sœur Marie du Sacré Cœur rencontre Thérèse, alors déjà très malade, marchant péniblement dans le cloître, à bout de force. « Vous feriez bien mieux, lui dit-elle, de vous reposer, cette promenade ne peut vous faire aucun bien dans de pareilles conditions : vous vous épuisez et c’est tout. » Thérèse répond : « C’est vrai, mais savez-vous ce qui me donne des forces ? Eh bien, je marche pour un missionnaire. Je pense que là-bas, bien loin, l’un d’eux est peut-être épuisé dans ses courses apostoliques, et, pour diminuer ses fatigues, j’offre les miennes au bon Dieu. » (DE Marie du Sacré Cœur, mai)

J’aime surtout cette phrase : « Je marche pour un missionnaire. » Cette parole de Thérèse me dit qu’en quelque lieu où je me trouve, quel que soit mon état, je peux exercer ma vie missionnaire de chrétienne baptisée. Thérèse n’a pas choisi d’être malade ; elle a accueilli cet évènement dans sa vie en lui donnant un sens. Elle a vécu à fond sa maladie, un peu comme Jésus a vécu à fond sa Passion qu’il n’avait pas choisie.

Pour moi donc, donner un sens à ce que je vis, habiter mes actions, en garder la maîtrise, cela peut tellement changer l’ambiance de mes journées, de mes attitudes, de mes relations, et par-là de mon milieu. Peu importe mon activité : balayer, faire la cuisine, soigner un malade, être à la maison, au bureau, en usine ou sur un toit, au champ, à l’école, ou à la prière, je suis toujours libre de lui donner un sens. Thérèse marchait pour un missionnaire ; pour moi, ce peut être pour ma sœur, ma communauté, un ami dans le pétrin, un prêtre en difficulté et aussi bien sûr un missionnaire en Afrique ou ailleurs !

S1020107Deux petits exemples : ce matin, le temps est gris. Pas de soleil, je n’ai pas bien dormi. Il me faut balayer le cloître. Je pourrais repousser à demain mais je me dis : voilà une occasion où je peux peut-être aider une maman qui revient du travail, fatiguée et qui doit accueillir ses enfants qui reviennent de l’école, préparer le repas du soir. Alors ça me dynamise, et au balai !

Pour rejoindre les habitants de Côte d’Ivoire alors en guerre, j’ai appris le « Je vous salue Marie » et le « Notre Père » en langue autochtone. J’en ai mis du temps pour les apprendre ! Je priais tous les jours en cette langue pour rejoindre les gens qui souffraient là-bas, et je continue.

Chacun peu ainsi dans sa vie saisir les occasions qui se présentent et leur donner un sens, comme l’a fait Thérèse.

 Une soeur carmélite

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