Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

DSC_0603_530x800Il est des âmes sur la terre

Qui cherchent en vain le bonheur

Mais pour moi, c'est tout le contraire

La joie se trouve dans mon coeur

Ma joie, c'est d'aimer la souffrance,

Je souris en versant des pleurs

J'accepte avec reconnaissance

Les épines mêlées aux fleurs. (PN45, Ma joie) 

Avec Thérèse, ce n’est pas une joie exubérante ! En ce sens qu’elle ne parle pas d’une joie sentie… Thérèse nous parle de la joie à travers la souffrance.

Je crois que quand on s’oublie (dans le bon sens du terme, pas pour s’éliminer mais en faisant passer le Christ et l’autre avant nous) on trouve la vraie joie. Quand on est centré sur notre ego on ne peut pas avoir la joie, parce que ça rétrécit. Le travail de dépasser mon ptit ego pour m’ouvrir à un autre, surtout quand c’est le Seigneur, ça c’est la joie… Et la paix aussi d’ailleurs. Ca passe nécessairement par une forme de souffrance car travailler notre égo fait souffrir, c’est très dur, c’est un vrai travail, une lutte qui peut être très coûteuse.

DSC_0274_530x800Par exemple dans la liturgie notre sensibilité est des fois très atteinte ; ou dans la vie communautaire, supporter les autres est parfois très difficile, ou renoncer au fait d’avoir raison,… Thérèse, quand elle écrit « Ma joie », connait bien tous ses combats. Elle l’écrit en plus quand elle est déjà bien malade, et Dieu sait que sa maladie l’a faite souffrir terriblement. Mais en même temps elle vit tout cela dans cette joie, car à la fin de sa vie elle est arrivée à une grande liberté intérieure et une relation si forte avec Jésus. Son ego ne la retient  plus, elle est prête  voler, elle vole ! Ce qu’elle vit, sensiblement, c’est la souffrance, mais elle est profondément dans la joie, une joie non sentie. C’est comme l’amour de Jésus, on ne le sent pas forcément, ni son amour pour nous ni notre amour pour lui, c’est dans la foi que j’aime Jésus. Je crois donc que là où elle est quand elle écrit cette poésie, quand elle dit « la joie se trouve dans mon cœur », c’est un acte de foi.

Dès le début de sa vie religieuse et même avant, on voit ce travail de renoncement auquel s’est livré Thérèse, cette volonté d’aimer Jésus dans les toutes petites choses et tout le temps, cet amour extrême qu’elle a vécu et qui me bouleverse chez elle, cet amour inconditionnel pour Jésus, et cela me rejoint profondément.

Cette histoire d’amour que je désire vivre comme Thérèse, c’est entre deux personnes : moi et Jésus. En même temps je reçois sa grâce et en même temps, j’ai mes décisions, mes choix à faire, j’ai mon engagement dans ce cheminement là, Jésus ne fait pas tout tout seul. Est-ce que je veux aimer Jésus ou pas ? Ca se vit concrètement.

Une soeur carmélite

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