Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

DSC_0304_530x800Il est des âmes sur la terre

Qui cherchent en vain le bonheur

Mais pour moi, c'est tout le contraire

La joie se trouve dans mon coeur

Ma joie, c'est d'aimer la souffrance,

Je souris en versant des pleurs

J'accepte avec reconnaissance

Les épines mêlées aux fleurs. (PN45, Ma joie) 

Souvent on me dit : « Tu es rayonnante, tu as une telle joie,… », et pourtant je ne me sens pas toujours très joyeuse ! Mère Teresa, elle a été presque toute sa vie dans la nuit, mais dans le regard des autres elle rayonnait de joie, je dirais parce que quelque part c’était une joie choisie.

Je vais vous donner un exemple : quand je rencontre ma sœur dans le couloir, qu’est-ce que je vais lui donner : est-ce que je lui donne ma tête de carême parce que j’ai des soucis, c’est-à-dire que je reste centrée sur moi, ou est-ce que je choisis de lui offrir mon plus grand sourire par amour ? Ce n’est pas de l’hypocrisie, car pour moi la joie est toujours réellement dans mon cœur, parce que Jésus y est. Est-ce que je reste centrée sur mon petit ego qui pense à moi, mes préoccupations, ou est-ce que je choisis de m’ouvrir à cette présence de Jésus en mon cœur qui fait ma joie et que je peux partager avec la sœur que je croise ?

Photo_marie_022_800x600Cette joie, c’est Jésus. Il est là, Il est toujours là, et ça c’est un acte de foi, on ne le sent pas forcément. La joie de Thérèse c’est vraiment Jésus, de se savoir aimée de lui. Alors on peut être dans la nuit complète comme Thérèse ou Mère Teresa mais mystérieusement la joie est là, parce qu’elle est donnée, et elle est reçue. Il y a quelque chose de mystérieux là, on ne peut pas tout expliquer, je vous partage ce que je pressens un peu.

Pendant ma grande retraite annuelle, on m’a demandé de sortir de mon silence et de ma solitude pour aller saluer un évêque. Quand je reçois ce message, intérieurement, je n’étais pas contente du tout, et cette mauvaise humeur montait…  Puis un moment je me suis arrêtée et j’ai dit : « D’accord, Jésus, pour toi, j’irai le voir. » J’ai basculé… et j’ai reçu une joie intérieure incroyable ! C’est un petit exemple de rien du tout, mais qui montre que quand on s’ouvre, on reçoit la joie de Jésus. Alors là c’était sensible, mais bon ce ne sera pas forcément sensible tout le temps. Mais plus tu te libères de ton ego, plus tu peux recevoir l’amour de Jésus. C’est par nos petits choix, par nos petites décisions, nos petits renoncement qu’on le fait. C’est toute notre liberté qui est en jeu là : le Seigneur ne t’impose jamais : tu vas  faire ci ou ça, il ne te dit pas dans le coin de l’oreille : tu vas renoncer à ci ou ça. Il ne te demande rien de tel, mais Il te demande ton amour, ton cœur.

Une soeur carmélite

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