Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

DSC_0448_800x530« Pour aimer Jésus, être sa victime d'amour, plus on est faible, sans désirs, ni vertus, plus on est propre aux opérations de cet Amour consumant et transformant... Le seul désir d'être victime suffit, mais il faut consentir à rester pauvre et sans force. » (LT197)

« Il faut consentir à rester pauvre et sans force. » : quand je lis ça, je me dis qu’en fait, c’est consentir à être ce qu’on est. Non  pas qu’on soit nul (ça, ça n’est JAMAIS vrai), on a des richesses, des dons, mais aussi des limites, des défauts et il faut consentir à être aussi ainsi, consentir à ce que je suis vraiment.

En même temps ce que je suis vraiment, je le découvre aussi avec le temps. Des fois, nos défauts on ne les voit pas forcément, nos dons non plus, c’est dans la vie, dans la relation avec les autres qu’on se découvre peu à peu. Et il faut consentir à ce qu’on découvre de soi, à cette limite-là… J’essaie de la travailler bien sûr comme je peux mais en même temps, je ne changerai pas tout en moi ! Je dois donc consentir à être ce que je suis vraiment. C’est un travail, c’est dur, parce que je voudrais être une autre, plus forte, meilleure… On essaye bien sûr mais il y a aussi des choses qu’on ne peut pas changer. Et là ça demande un abandon, d’apprendre à s’aimer comme ça aussi, « aimer ma petitesse » comme dit Thérèse.

S1020153_787x800Pourquoi consentir à être soi-même rend plus « propre aux opérations de l’amour » ? Quand on est centré sur soi, on ne développe pas ce qu’on est vraiment, on ne se donne pas vraiment. Plus on se libère de son petit ego, plus je m’ouvre à l’Autre et aux autres, plus je vais être moi-même. Pour vous donner un exemple, hier j’ai dû me rendre à une réunion où je ne voulais pas aller, mais j’ai pris sur moi pour essayer d’y donner quand même le meilleur de moi-même. Je crois que plus on se donne à Jésus à travers des petites choses comme ça, plus c’est lui qui fait le travail, c’est lui qui fait alors son œuvre.  Plus c’est un choix profond de renoncer à mon petit ego, plus je suis apte à l’œuvre de Jésus. Il me semble que c’est le message de Thérèse : plus je consens à ce que je suis, sans me replier sur mon petit ego mais en m’offrant au Christ, plus Jésus prend possession de mon cœur.

Une soeur carmélite

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