Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

S1020113_800x450« Pour aimer Jésus, être sa victime d'amour, plus on est faible, sans désirs, ni vertus, plus on est propre aux opérations de cet Amour consumant et transformant... Le seul désir d'être victime suffit, mais il faut consentir à rester pauvre et sans force. » (LT197)

Depuis que je suis entrée au carmel, une question me poursuit : quelle est ma part, quelle est celle du Seigneur dans ce que je vis ? C’est une question difficile, car ce n’est pas comme un fromage qu’on coupe en parts ! Il me semble qu’en même temps, je fais des choix et en même temps, je le laisse faire. Plus on se donne, plus Lui va se donner à nous : plus mon cœur est ouvert, pas centré sur lui-même, plus Il va se donner à moi. Il ne peut pas se donner à moi si je suis centrée sur moi-même, pas comme Il le voudrait. Il fait qu’Il trouve un cœur ouvert, ouvert sur l’autre, sur Lui.

DSC_0249_456x800Mais attention, et il me semble que c’est le sens de la phrase de Thérèse, ce n’est pas parce que j’ouvre mon cœur que je vais être sainte, en ce sens que je ne fais pas moi-même ma sainteté. Ce n’est pas parce que j’aurai fait des sacrifices, des choix d’ouverture que je vais être sainte : on ne fait pas sa sainteté soi-même. C’est pour ça qu’il faut être « faible, sans désir, ni vertu », ainsi on ne croit pas faire sa sainteté à la force de son petit poignet, au contraire on la reçoit. Ce n’est donc pas parce qu’on est faible qu’on ne sera pas sainte, c’est le contraire qui est vrai… Il y a une part de nous qui doit laisser aller, laisser faire Dieu qui fait son œuvre à sa mesure à lui, qui n’est pas forcément à la nôtre.

Pour vous donner un exemple, pendant ma dernière retraite, j’ai raté une occasion de faire un petit sacrifice par amour. Plus tard, lorsque je priais, je ne me suis pas culpabilisée parce que j’avais raté une occasion, je me suis dit : « Voilà Jésus, je te présente ça. J’aurais pu faire ce choix-là pour toi, je ne l’ai pas fait, et bien je te le présente ». C’est aussi un peu ça, d’être faible, sans désir : je n’ai pas les grands désirs ni les vertus pour faire telle chose, et bien ça aussi je le donne au Christ. En fait je lui donne tout, tout ce que je suis, je lui donne.

Quand Thérèse dit qu’elle n’a pas été trois minutes sans penser à Jésus, je ne sais pas comment elle a fait. Thérèse, c’est le summum ! Mais ça ne l’a pas empêchée d’avoir, par exemple, des mouvements d’impatience, et ça, elle l’a vu Thérèse, elle l’a regardé en face, elle avait ses faiblesses, mais ce qu’elle nous dit, c’est que ce n’est pas grave. Qu’est-ce que tu fais quand tu rates ? Est-ce que tu es en train de culpabiliser, de te regarder le nombril ? Car ton ego en prend un coup bien sûr… Ou est-ce que tu vas te tourner vers Lui ? Le but, ce n’est pas de réussir partout, c’est que même quand tu te plantes, tu te tournes vers Lui : « Voilà Jésus… » A la fin de ta journée, quand tu la relis, souvent tu réalises que ta journée, elle n’est pas chouette. Et bien consens à ta journée ratée, présente la au Seigneur, telle qu’elle est, et Il pourra alors en tirer plus de merveilles que si tu l’avais « réussie » avec tes propres petits moyens.

Une soeur carmélite

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