Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

« Plus tu seras pauvre, plus Jésus t’aimera…c’est la confiance, rien que la confiance qui conduit à l’Amour » (LT 197)

DSC_0237_530x800La pauvreté selon Thérèse, comme je te le disais la semaine dernière, c’est donc un don de Dieu qui nous dépouille tout au long de notre vie pour que nous arrivions devant lui « les mains vides », et libres. Personnellement, je suis très sensible aux relations, alors c’est toujours dans les relations que le Seigneur me dépouille, ce n’est pas évident ! C’est beaucoup plus difficile pour moi que de coucher par terre comme je l’ai fait dans ma jeunesse, ce qui ne me coûtait pas.

En relisant la Bible, je me suis aperçu que dans l’Ancien testament que j’aime beaucoup, tous les élus, tous ceux qui étaient choisis, appelés par Dieu, passaient par des dépouillements successifs pour arriver à ce que, comme dira Thérèse d’Avila, « Dieu seul suffit ». C’est une belle parole, mais j’avoue que je suis encore loin de la vivre ! Quand on reprend l’histoire d’Abraham, on voit que Dieu l’a amené aussi à cette pauvreté de l’être : il a dû lâcher son pays, sa femme, son frère, même son fils Isaac et toutes ses relations. Pour Jacob, ce n’est guère mieux : il a dû lâcher son frère, son enfant préféré…de même Joseph tous ses frères. Quand tu reprends un par un ces personnages de la Bible tu t’aperçois que, finalement, c’est toujours le Seigneur qui les a dépouillés, ce n’est pas eux qui se sont fabriqués leur pauvreté, ils ont seulement répondu…Donc, notre rôle c’est bien cela : répondre. Et j’en reviens à Thérèse qui dit : « Plus tu seras pauvre, plus Jésus t’aimera » ; je crois qu’on peut retourner et dire : plus tu seras pauvre, plus tu aimeras Jésus, parce que tu seras libre. Donc ce n’est pas un chemin triste ! Quand on parle de dépouillement on pourrait se dire que ce n’est pas marrant et souvent ça donne une fausse image du carmel et de la vie religieuse, mais c’est un chemin de liberté, autrement on est esclave, esclave de ses programmes ou d’autres choses. Et ce chemin conduit à l’Amour.

DSC_0570_800x530Thérèse nous dit : « C’est la confiance, et rien que la confiance qui conduit à l’Amour », cet amour que moi, et toi aussi cherchons. Mais attention, la confiance ce n’est pas un petit mot gentil…la vraie confiance, c’est quand tu n’as plus rien et que tu fais confiance quand même ! Et quand je dis que tu n’as plus rien, je ne parle pas seulement au point de vue matériel, mais aussi quand tu perds tes certitudes, tes appuis…quand tu lâches prise. Cela dépend du tempérament que l’on a, mais moi j’aime bien organiser, gérer, donc lâcher prise c’est quelque chose qui ne m’est pas naturel. Lâcher prise, consentir à mes limites (parce qu’au début, ce qui m’énervait, c’était les autres, mais en vieillissant ce qui m’énerve c’est d’avantage moi-même parce que je n’arrive pas à me changer !) Et là, je rejoins aussi ce que Thérèse nous dit de la confiance : ton appui ce n’est plus ton programme, tes belles pensées et certitudes, non ce n’est plus cela ; il n’y a plus qu’un appui, c’est Dieu que tu ne sens pas forcément…Comme dit Thérèse en reprenant Jean de la Croix : « Appuyée sans aucun appui, je vais me consumant d’amour ». Alors tu fais vraiment confiance, et tu es heureuse car tu as les mains vides, donc tu vas tout recevoir. C’est tout un chemin et je ne suis qu’en chemin mais je sais que c’est un chemin vrai, où il n’y a pas d’illusion. Essaye tu verras !

Une soeur carmélite

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