Chaque semaine, une carmélite nous partage comment elle vit un texte de Thérèse.

« Plus tu seras pauvre, plus Jésus t’aimera…c’est la confiance, rien que la confiance qui conduit à l’Amour ». (LT 197)

Profession_MP_Philippe_310_800x532Je te disais la semaine dernière que le chemin de la confiance, même s’il passe par bien des dépouillements, est celui du bonheur. C’est aussi un chemin difficile, parce que la joie, ce n’est pas au moment où tu es dépouillée que tu la ressens, là tu hurles ! Quand une sœur s’en va, pour moi c’est épouvantable, mais alors me remonte la parole de Jésus à Pierre quand ce dernier s’inquiète de ce qui arrivera à Jean : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je revienne, que t’importe ? Toi, suis-moi. » (Jn.21, 22). Finalement, aimer les autres ce n’est pas les caresser dans le sens du poil, ni même leur donner des conseils, c’est les remettre à Dieu, lâcher prise

Thérèse elle-même sait ce dont elle parle quand elle nous enseigne cette pauvreté là. Entrée au carmel, il lui a fallu non seulement quitter sa famille douillette, ce qui n’était pas rien (quitter une famille comme ça, moi, je ne sais pas si j’aurais pu…), puis une fois qu’elle est arrivée au carmel elle a dû « quitter » d’une autre manière ses sœurs qui étaient là, ce qui est pire que quand on est loin ; et après ses certitudes sont tombées aussi et elle a vécu sa nuit de la foi. Donc, quand elle nous parle de « la confiance qui conduit à l’Amour », elle n’a plus rien que cette confiance folle et c’est vraiment son chemin et c’est le chemin de Jésus. IL faut du temps pour voir tout ça…parce qu’au début, quand on entend parler de la confiance, on trouve ça joli, voire facile, mais quand tu es appelé à la vivre en vérité dans ton existence, dans tes expériences, ça décape…et tu peux redire en vérité avec Thérèse : « c’est la confiance, rien que la confiance qui conduit à l’Amour ».

DSC_0689_800x629Et ce n’est jamais fini, parce que le Seigneur nous aime, alors Il veut vraiment qu’on soit tout à Lui et on ne l’est pas, que l’on ait vingt ans ou que l’on ait les cheveux blancs ! Le « Dieu seul suffit » de Thérèse d’Avila, c’est une belle parole mais c’est comme l’Evangile, on ne le vit pas totalement, on est en tension vers… C’est Dieu qui nous rend pauvre et c’est un chemin de joie. Quand tu relis ta vie, tu vois que le Seigneur t’a conduit plus loin que tu ne l’aurais jamais cru. Je te le racontais il y a deux semaines, dans ma jeunesse je croyais que la pauvreté, c’était de ne rien avoir, puis j’ai voulu programmer mon chemin de pauvreté, et finalement le Seigneur m’a montré que Lui seul pouvait me donner la vraie pauvreté. Vois la fidélité du Seigneur : Il m’a donné le désir d’être pauvre pour Lui, a creusé ce désir et l’exauce au jour le jour maintenant dans ma vie. Je suis toujours fidèle à ce désir de mes vingt ans mais Dieu l’a réalisé à sa manière, qui voit beaucoup plus loin et plus grand que moi et ce n’est pas fini !

Une soeur carmélite

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