Ecritoire sainte Thérèse



La correspondance de Thérèse comprend les 266 lettres et billets écrits de 1877 à 1897 qui ont été retrouvés.

Thérèse est entrée au Carmel à 15 ans, son univers relationnel est donc essentiellement familial ou carmélitain (particulièrement les novices qu'elle accompagne). Quelques prêtres font partie de la douzaine de correspondants autres, en particulier les Pères Bellière et Roulland, deux missionnaires confiés à Thérèse par sa prieure.

L'usage du téléphone est encore très peu répandu à l'époque de Thérèse, le courrier constitue donc pour tous le moyen essentiel de communication.

Rappelons également que le courrier, au Carmel, est lu à l'entrée et à la sortie du monastère par la prieure. Cela était vrai également dans les familles. Il ne semble pas que cela ait limité Thérèse dans sa liberté d'expression, tant elle se situait en vérité face à Dieu et aux hommes.

" Précieux trésor que ces lettres, complément de son histoire !!!" écrivait l'abbé Bellière le 24 novembre 1898 après sa lecture d'Histoire d'un âme. Ces lettres éclairent les Manuscrits autobiographiques d'une autre lumière et proposent des voies d'entrées plus personnelles dans la petite voie de Thérèse.

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Adolphe_RoullandLT 226 au P. Roulland (extrait)

J.M.J.T.

Carmel de Lisieux 9 mai 1897

Mon Frère,

J'ai reçu avec joie ou plutôt avec émotion les reliques que vous avez bien voulu m'envoyer, votre lettre est presque une lettre d'au revoir pour le Ciel, il me semblait en la lisant entendre le récit des épreuves de vos ancêtres dans l'apostolat.
Sur cette terre où tout change, une seule chose reste stable, c'est la conduite du Roi des cieux à l'égard de ses amis·; depuis qu'Il a levé l'étendard de la Croix, c'est à son ombre que tous doivent combattre et remporter la victoire·: «Toute vie de Missionnaire est féconde en Croix» disait Th.·Vénard, et encore·: «Le vrai bonheur est de souffrir. Et pour vivre il nous faut mourir.»

Mon Frère, les débuts de votre apostolat sont marqués du sceau de la croix, le Seigneur vous traite en privilégié·; c'est bien plus par la persécution et par la souffrance que par de brillantes prédications qu'Il veut affermir son règne dans les âmes. ·Vous dites·: «Je suis encore un petit enfant qui ne sait pas parler.» Le P. Mazel qui fut ordonné prêtre le même jour que vous, ne savait pas parler non plus, cependant il a déjà cueilli la palme... Oh·! que les pensées divines sont au-dessus des nôtres·!... En apprenant la mort de ce jeune missionnaire que j'entendais nommer pour la première fois, je me suis sentie portée à l'invoquer, il me semblait le voir au Ciel dans le glorieux choeur des Martyrs. Je le sais, aux yeux des hommes son martyre ne porte pas ce nom, mais au regard du bon Dieu ce sacrifice sans gloire n'est pas moins fécond que ceux des premiers chrétiens qui confessèrent leur foi devant les tribunaux. La persécution a changé de forme, les apôtres du Christ n'ont pas changé de sentiments, aussi leur Divin Maître ne saurait changer ses récompenses à moins que ce ne soit pour les augmenter en comparaison de la gloire qui leur est refusée ici-bas.

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