Ecritoire sainte therese

 

 

 

 

 

A la mort de Thérèse, sœur Agnès rassemble quelques écrits de Thérèse
dans un recueil qu’elle appelle Histoire d’une âme.
Ce recueil comprend trois manuscrits autobiographiques
(qu’on dénommera plus tard manuscrits A, B et C), dont voici l'histoire...
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MANUSCRIT A


ChauffoirEn 1895, Thérèse raconte quelques souvenirs d’enfance à ses sœurs réunies près de la cheminée du chauffoir. Sa soeur Marie, enthousiaste, exprime alors le désir que ses souvenirs soient réunis par écrit, ce que fait effectivement Thérèse à la demande de sa soeur Pauline, sr Agnès, alors prieure.

Thérèsee rédige un petit cahier noir de 85 feuilles recto verso, relatant non pas les souvenirs familiaux que sa sœur avait suggérés,mais les « miséricordes du Seigneur » pour elle-même, cahier qu’elle remet à Sr Agnès pour sa fête le 20 janvier 1895.

Le manuscrit A est une longue action de grâce de Thérèse pour son enfance et sa jeunesse, en famille et au carmel. Elle le termine alors qu'elle entre dans sa pleine maturité spirituelle.

Extrait (incipit du Ms A)

J.M.J.T·· ·Janvier 1895·· ·· ·
Jésus ·· ·


"Histoire printanière
d'une petite fleur blanche
écrite par elle-même et dédiée
à la Révérende mère Agnès de Jésus·· ·

C'est à vous, ma Mère chérie, à vous qui êtes deux fois ma Mère, que je viens confier l'histoire de mon âme ... Le jour où vous m'avez demandé de le faire, il me semblait que cela dissiperait mon coeur en l'occupant de lui-même, mais depuis Jésus m'a fait sentir qu'en obéissant simplement je lui serais agréable·; d'ailleurs je ne vais faire qu'une seule chose·: Commencer à chanter ce que je dois redire éternellement ·«Les Miséricordes du Seigneur!!!»..."

MANUSCRIT B

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Septembre 1896 : Marie, soeur et marraine de Thérèse, en religion Soeur Marie du Sacré Coeur, a lu le manuscrit A écrit par sa soeur. Elle sait que sa soeur va bientôt mourir. A son tour, elle souhaite disposer de quelques souvenirs de sa soeur " pour avoir quelque chose de vous, de vous qui êtes tout près du bon Dieu, de vous qui êtes sa petite épouse privilégiée à qui il confie tous ses secrets". La réponse de Thérèse (LT 196) constitue le Manuscrit B, un chef-d'oeuvre de la spiritualité thérésienne.

Extrait

"Je compris que si l'Eglise avait un corps, composé de différents membres, le plus nécessaire, le plus noble de tous ne lui manquait pas, je compris que l'Eglise avait un Coeur, et que ce Coeur était brûlant d'amour. Je compris que l'Amour seul faisait agir les membres de l'Eglise, que si l'Amour venait à s'éteindre, les Apôtres n'annonceraient plus l'Evangile, les Martyrs refuseraient de verser leur sang.. Je compris que l'amour renfermait toutes les vocations, que l'amour était tout, qu'il embrassait tous les temps et tous les lieux... en un mot, qu'il est éternel!...

Alors dans l'excès de ma joie délirante, je me suis écriée : O Jésus, mon Amour... ma vocation, enfin je l'ai trouvée, ma vocation, c'est l'amour ...

Oui j'ai trouvé ma place dans l'Eglise et cette place, ô mon Dieu, c'est vous qui me l'avez donnée... dans le Coeur de l'Eglise, ma Mère, je serai l'Amour... ainsi je serai tout... ainsi mon rêve sera réalisé·!!!..."

 

MANUSCRIT CMs_C_25_r

Avril 1897 : Thérèse entre dans la phase finale de sa maladie. A la suggestion de Mère Agnès de Jésus, sa soeur Pauline, et à la demande de sa prieure, Thérèse achève de raconter les souvenirs de sa vie de carmélite. On surnomme ce texte extraordinaire "le manuscrit de la charité".

Extrait

"Vous le savez, ma Mère, j'ai toujours désiré d'être une sainte, mais hélas ! j'ai toujours constaté, lorsque je me suis comparée aux saints, qu'il y a entre eux et moi la même différence qui existe entre une montagne dont le sommet se perd dans les cieux et le grain de sable obscur foulé aux pieds des passants ; au lieu de me décourager, je me suis dit : Le Bon Dieu ne saurait inspirer des désirs irréalisables, je puis donc malgré ma petitesse aspirer à la sainteté ; me grandir, c'est impossible, je dois me supporter telle que je suis avec toutes mes imperfections ; mais je veux chercher le moyen d'aller au Ciel par une petite voie bien droite, bien courte, une petite voie toute nouvelle. Nous sommes dans un siècle d'inventions, maintenant ce n'est plus la peine de gravir les marches d'un
escalier, chez les riches un ascenseur le remplace avantageusement. Moi je voudrais aussi trouver un ascenseur pour m'élever jusqu'à Jésus, car je suis trop petite pour monter le rude escalier de la perfection. Alors j'ai recherché dans les livres saints l'indication de l'ascenseur, objet de mon désir et j'ai lu ces mots sortis de la bouche de la Sagesse Éternelle : Si quelqu'un est TOUT PETIT, qu'il vienne à moi. Alors je suis venue, devinant que j'avais trouvé ce que je cherchais et voulant savoir, ô mon Dieu ! ce que vous feriez au tout petit qui répondrait à votre appel, j'ai continué mes recherches et voici ce que j'ai trouvé : - Comme une mère caresse son enfant, ainsi je vous consolerai, je vous porterai sur mon sein et je vous balancerai sur mes genoux ! Ah ! jamais paroles plus tendres, plus mélodieuses, ne sont venues réjouir mon âme, l'ascenseur qui doit m'élever jusqu'au Ciel, ce sont vos bras, ô Jésus ! Pour cela je n'ai pas besoin de grandir, au contraire il faut que je reste petite, que je le devienne de plus en plus. O mon Dieu, vous avez dépassé mon attente et moi je veux chanter vos miséricordes."