Père Jacques de Jésus (1900-1945)

Carme – Fondateur et directeur du petit collège d’Avon

Ce père carme au caractère bien trempé fut le fondateur et le directeur du petit collège d'Avon, où il était très aimé pour ses talents de pédagogue. Arrêté pour fait de résistance et pour avoir caché trois enfants juifs, il est envoyé en camp de déportation où il va créer des réseaux de solidarité entre prisonniers, partageant lui-même ses forces et sa nourriture avec les plus faibles. Il meurt peu après la libération. Pre_Jacques_de_Jsus

« Mais Dieu, infinie Solitude, se donne parce qu’il est l’Infinie Bonté. Et de cette solitude il y a la Vie qui s’écoule sans cesse. » Ainsi pour l’âme qui se retire dans la solitude, car c’est se retirer en Dieu qui est la solitude vivante ; se déprendre du monde extérieur, c’est s’enfoncer en Dieu.

Retraite de Pentecôte 1941

Le film Au revoir les enfants de Louis Malle est librement inspiré de l'histoire du Père Jacques.

Honoré à Yad Vashem comme Juste parmi les nations, le père Jacques sera également prochainement béatifié.

Aimer, aimer jusqu’à la folie, aimer jusqu’à tout transformer en expression d’amour, jusqu’à devenir un tout petit enfant du Bon Dieu entièrement abandonné à son bon plaisir, et acceptant tout de Lui avec un égal sourire de reconnaissance : les peines, les joies, la maladie, la santé … tout, absolument tout.

Lettre du 7/11/1933 à Jacques Lefèvre

« Mon petit, mon enfant, toi qui es sorti de mes mains créatrices, toi à qui j’ai insufflé une âme venant de moi, toi qui pourrais être mon esclave sans que tu dégénères, je voudrais que tu sois mon ami ! Tu sais ce qu’est un ami, tu connais quelle douceur il verse dans un cœur, tu sais quel charme il donne, quelle apaisante influence il répand sur la vie ! Veux-tu être mon ami ? »

Méditation du 10 juin 1926





Edith Stein Soeur Therese Benedicte de la Croix carméliteSOEUR THÉRÈSE-BÉNÉDICTE DE LA CROIX (1891-1942)

Philosophe et Carmélite

Lève les yeux, contemple la croix !

Ô Croix, unique espérance, salut !
Voilà l'invocation que la sainte Église nous fait dire pendant le temps qui est consacré à la contemplation des amères souffrances de notre Seigneur Jésus Christ.
Le monde est en feu. Es-tu pressée de l'éteindre? Lève les yeux, contemple la croix. Du coeur ouvert jaillit le sang du Rédempteur, le sang qui éteint les flammes de l'enfer. Rends ton coeur libre par l'accomplissement fidèle de tes voeux alors le flot de l'amour divin se répandra en ton coeur jusqu'à le faire déborder et le rendre fécond jusqu'aux confins de la terre.
Sur tous les fronts, en tout lieu de détresse et de lamentation, tu peux tenir par la force de la croix. Partout te porte son amour compatissant, l'amour jailli du coeur de Dieu, partout l'amour répand son sang précieux, il soulage, il guérit et il sauve.

Edith Stein, d’origine juive, philosophe renommé, assistante d’Husserl, se convertit au christianisme après avoir lu Thérèse d’avila. Elle entre au Carmel en 1933. Elle y approfondira le mystère de la Croix, mais aussi celui de la femme.
Déportée en 1942 elle meurt à Auschwitz.

Prières

Ô Seigneur Dieu donne moi tout ce qui peut me conduire à Toi.
Ô Seigneur Dieu éloigne de moi tout ce qui peut me détourner de Toi.
Ô Seigneur Dieu fais aussi que je ne sois plus mienne mais que je sois entièrement tienne.

Conseils de vie spirituelle

"Il s’agit seulement d’avoir concrètement un petit coin tranquille où l’on puisse converser avec Dieu comme si rien d'autre n’existait - et cela chaque jour. Les heures du matin me semblent les plus favorables, avant de commencer le travail de la journée ; ensuite, il faut que l’on trouve là sa mission particulière, si possible pour chaque jour, et non par choix personnel ; enfin, que l’on se considère entièrement comme un instrument ; et spécialement que l’on regarde les forces avec lesquelles on doit travailler - dans notre cas, l’intelligence comme quelque chose dont nous ne nous servons pas nous-mêmes, mais dont Dieu se sert en nous. »Vous avez là ma recette. Chaque matin ma vie commence à nouveau, et chaque soir elle se termine. D’autres plans et projets, je n’en ai pas - naturellement, il y en a qui font partie du travail quotidien de la journée : la profession d’enseignante, par exemple, est impraticable autrement. Mais du souci pour le lendemain, il ne faut jamais en avoir. Vous comprendrez donc que je ne puis laisser passer ce que vous dites : que je suis « devenue quelque chose ». Il me semble que le rayon de mon travail doive s’étendre, mais cela ne change rien pour moi, je le pense réellement. On m’a demandé cela, et je l’ai entrepris, sans savoir encore ce que cela comporte et quel sera pratiquement le chemin."

lettre du 12 Février 1928, à Soeur Callista Kopf, Dominicaine


Elisabeth de la Trinite carmelite de dijonElisabeth Catez (1880 - 1906)


Carmélite de Dijon

Trinité que j’adore…

« Ô mon Dieu, Trinité que j’adore, aidez-moi à m’oublier entièrement pour m’établir en vous, immobile et paisible, comme si déjà mon âme était dans l’éternité…

Pacifiez mon âme, faites en votre Ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos. Que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là tout entière, tout éveillée en ma foi, tout adorante, toute livrée à votre action créatrice.

Ô mes Trois, mon Tout, ma Béatitude, Solitude infinie, Immensité où je me perds, je me livre à vous comme une proie.

Ensevelissez-vous en moi pour que je m'ensevelisse en vous, en attendant d'aller contempler dans votre lumière l'abîme de vos grandeurs. »

Contemporaine de Thérèse, dont elle a lu les écrits.
Elisabeth, catholique fervente, bonne musicienne et pianiste, entre au Carmel à 21 ans. Elle tombe malade et meurt à 26 ans.
Elle a voulu être « louange de gloire », entièrement tournée vers le Christ, consacrée à l’adoration de la Trinité, tout en rayonnant d’amour sur ses soeurs.

Vivre dans l’intimité avec Dieu

"Que l’on est heureux quand on vit dans l’intimité avec le bon Dieu,
quand on fait de sa vie un cœur à cœur, un échange d’amour,
quand on sait trouver le Maître au fond de son âme.
Alors on n’est plus jamais seule
et on a besoin de solitude afin de jouir de la présence de cet Hôte adoré...
il faut Lui donner sa place dans ta vie,
dans ton cœur qu’II a fait si aimant, si passionné.
Oh ! si tu savais comme Il est bon,
comme Il est tout Amour !
Je Lui demande de se révéler à ton âme,
d’être l’Ami que tu saches toujours trouver,
alors tout s’illumine et c’est si bon de vivre !" (L161)

La prière


"Aimez toujours la prière, et quand je dis la prière, ce n’est pas tant s’imposer quantité de prières vocales à réciter chaque jour, mais c’est cette élévation de l’âme vers Dieu à travers toutes choses qui nous établit avec la Sainte Trinité en une sorte de communion continuelle, tout simplement en faisant tout sous son regard." (L252).

Elisabeth de la Trinité à l’écoute de Thérèse

"Je vous confie tout particulièrement à une petite carmélite morte à vingt-deux ans en odeur de sainteté qui se nommait Thérèse de l’Enfant Jésus. Elle disait avant de mourir qu’elle passerait son ciel à faire du bien sur la terre ; sa grâce est de dilater les âmes de les lancer sur les flots de l’amour, de la confiance, de l’abandon ; elle disait qu’elle avait trouvé le bonheur quand elle avait commencé à s’oublier. Voulez-vous l’invoquer chaque jour avec moi afin qu’elle vous obtienne cette science qui fait les saints, et qui donne à l’âme tant de paix et de bonheur !" (L249)

Elisabeth de la Trinité n’est pas sans faire penser à Thérèse. Toutes deux carmélites, en ayant eu la vocation très jeunes, elles s’abandonnent complètement à l’amour trinitaire. Toutes deux meurent tôt de maladie, avec ce sentiment d’unir leurs souffrances à celle du Christ en croix pour le salut des hommes.

Laurent de la Résurrection (1614–1691)


Frère carme à Paris

Laurent-resurection


Pendant vos repas et vos entretiens
élevez quelques fois vers Dieu votre coeur :
le moindre mouvement lui sera toujours fort agréable.
Lettre n° 9 à une dame, vers 1689

Nous ne saurions trop avoir de confiance
en un Ami si bon et si fidèle
qui ne nous manquera jamais
ni en ce monde, ni en l'autre.
Lettre n° 10 à une dame du 29 octobre 1689

La présence de Dieu
C'est en quoi consiste toute la vie spirituelle
En la pratiquant, on devient spirituel en peu de temps.
Lettre n° 3 à une religieuse, 1685

Il fut d’abord cuisinier pendant 15 ans, puis cordonnier de son monastère.
Il va petit à petit trouver son propre chemin spirituel : vivre travail comme temps de prières, peines comme joies dans la « présence de Dieu » ; transformer toutes ses occupations en « une manière de petits entretiens avec Dieu, sans étude, comme ils viennent.

Nous servir de toutes les oeuvres de notre état
pour marquer à Dieu notre amour
et entretenir sa présence en nous...
Je retourne mon omelette dans la poêle pour l'amour de Dieu.
Mœurs, n° 10

Notre sanctification dépend,
non du changement de nos oeuvres,
mais de faire pour Dieu
ce que nous faisons ordinairement pour nous-mêmes.
Quatrième entretien, 25 novembre 1667, n° 44

Une petite élévation du coeur suffit,
un petit souvenir de Dieu,
une adoration intérieure...
pour courtes qu'elles soient,
ces prières sont très agréables à Dieu.
Lettre n° 6 à une dame, du 12 octobre 1688

La pratique la plus sainte et la plus nécessaire en la vie spirituelle
est la présence de Dieu
C'est de se plaire et de s'accoutumer en sa divine compagnie
s'entretenant amoureusement avec lui en tout temps.
Maximes n° 6